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Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour les migrations, Bruxelles, juin 2018.
© Thierry Monasse/Getty Images ©

Union européenne

Bruxelles rêve de «désembarquer» les migrants

Face à la vague populiste actuelle, un mini-sommet évoquera dimanche une alternative à la politique suivie jusqu’ici, soit le transfert des migrants récupérés en mer dans des pays d’Afrique du Nord

Certains en rêvaient, Juncker l’a fait. Le président de la Commission européenne a décidé de convoquer un mini-sommet de chefs d’Etat dimanche à Bruxelles pour donner un peu d’air à une Angela Merkel en conflit avec ses alliés bavarois de la CSU. Face au défi migratoire, il s’est résolu à mettre sur la table une idée récemment défendue par certains pays comme l’Autriche. Le principe? Des «programmes régionaux de désembarquement de migrants» pour renvoyer les personnes secourues en mer vers des pays sûrs du sud de la Méditerranée comme la Tunisie, l’Algérie, le Maroc ou l’Egypte, puis décider du sort des individus ainsi transférés. Ces derniers seraient accueillis dans des «points de désembarquement», un mot préféré par la Commission à celui de «camps».

Un espoir de réforme du système

Ces «plateformes de désembarquement» seraient une idée de Jean-Claude Juncker, qui en aurait discuté dès le mois d’avril avec le haut-commissaire pour les Réfugiés des Nations unies (HCR), Filippo Grandi. L’Organisation internationale des migrations (OIM) a aussi été contactée, a assuré le commissaire européen aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos.

Cette piste discutée dimanche à Bruxelles a un objectif précis: calmer les exigences italiennes en persuadant Rome que d’autres pays sont prêts à offrir des ports d’accueil aux migrants secourus. Elle a aussi le mérite de répondre aux demandes de Vienne – le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a lui-même évoqué par le passé des centres de migrants situés en dehors de l’Union européenne (UE), dans des pays comme l’Albanie qui garderaient les personnes arrivées aux portes de Schengen. Il s’agirait au total de donner des gages aux «ultras» de la lutte anti-migration dans l’espoir d’arracher en échange une réforme du système d’asile européen, actuellement paralysée par différentes polémiques nationales.

Le concept et surtout les modalités de ces plateformes restent flous: des personnes secourues en mer dans une zone relativement proche des côtes européennes seraient-elles réinstallées au sud de la Méditerranée? Ces migrants seraient-ils cantonnés dans des centres de rétention créés de toutes pièces? La Commission elle-même a refusé de reprendre cette piste telle quelle. Ces camps hors UE, par exemple dans les Balkans occidentaux, seraient presque assimilables à des «Guantanamo», a critiqué Dimitris Avramopoulos. Et l’UE ne le permettra pas, a-t-il promis.

Un problème épineux

Autre problème: aucun pays nord-africain approché n’a donné pour l’heure de réponse favorable, même si le commissaire a assuré avoir reçu de «très bons signaux». Que recevraient ces pays en échange? Du soutien financier et des équipements pour leurs gardes-côtes, la Commission n’ayant pas encore émis l’idée de leur offrir des régimes plus généreux en matière de visas.

La Tunisie n’a pas attendu que les Vingt-Huit peaufinent ces détails. Elle a déjà fait savoir qu’elle s’opposerait à ces nouveaux centres de rétention sur son territoire. La situation en Libye lui donne déjà suffisamment à faire.

Une réunion à sièges vides

Est-ce à dire que cette piste est mort-née? La réunion de ce week-end en donnera un premier aperçu, avant celle des 28 dirigeants européens plus tard dans la semaine. L’Italie sera au moins de la partie dimanche. Son président du Conseil, Giuseppe Conte, a confirmé sa venue après un entretien téléphonique avec Angela Merkel. La veille, il avait menacé de boycotter la réunion en raison de l’évocation d’un scénario jugé par lui inadmissible: l’accélération des renvois vers les pays de première arrivée dans l’UE, Italie et Grèce en tête – une mesure prévue pour tous les demandeurs d’asile retrouvés ailleurs mais enregistrés dans ces premiers pays, exactement ce que réclame le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, partisan d’un durcissement. Pour achever de convaincre Giuseppe Conte, Angela Merkel lui a garanti qu’aucune déclaration officielle ne sortirait du mini-sommet de dimanche.

Quant aux plus réticents, les pays d’Europe centrale dits «de Visegrad» (la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie), ils ont annoncé qu’ils passeraient leur tour dimanche.

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