Union européenne-Russie

Bruxelles se garde de hausser le ton face à Moscou

Dmitri Medvedev a été reçu à Bruxelles pour le sommet Russie-Union européenne. L’appel de l’Europarlement en faveur de nouvelles élections en Russie n’a pas été repris par la Commission et le Conseil

Les Vingt-Sept entendent ménager la Russie. Votée mercredi, la résolution du Parlement européen appelant à l’organisation de «nouvelles élections libres et régulières» par Moscou n’a pas été reprise lors de la rencontre à Bruxelles entre Dmitri Medvedev et le duo Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso. Le président du Conseil européen a au contraire salué «l’engagement» du président russe à mener une enquête sur les fraudes largement dénoncées par les organisations de défense des droits de l’homme et les partis d’opposition au Kremlin. Mieux: Herman Van Rompuy a décerné un satisfecit à son interlocuteur, estimant que les manifestations protestataires ont été «très bien gérées» par le pouvoir.

Cette prudence a été récompensée. D’emblée, Dmitri Medvedev a affirmé que son pays était prêt à investir dans le fonds ouvert aux pays émergents que la zone euro essaie de mettre en place pour consolider son propre Fonds européen de stabilité financière (EFSF). Mais c’est sur deux autres terrains, selon les diplomates, que Bruxelles espère maintenant obtenir des gestes significatifs de Moscou: la Syrie, sur laquelle l’UE tente toujours de mobiliser les Nations unies, et l’Iran, à propos duquel des sanctions européennes accrues pourraient être actées ce vendredi par les ministres des Affaires étrangères.

Pas de crise ouverte

Pas question, en outre, de provoquer une crise ouverte avec l’actuel premier ministre Vladimir Poutine, alors que celui-ci se représente à l’élection présidentielle le 4 mars 2012. En privé, les responsables européens affirment que le plus mauvais service à rendre à l’opposition démocratique russe serait de permettre au régime de l’accuser d’être aidée et manipulée de l’étranger. D’autant qu’en pleine crise de l’euro, les promesses de soutien de Bruxelles trouvent malheureusement très vite leurs limites. Herman Van Rompuy a d’ailleurs confirmé qu’un nouveau sommet de la zone euro se tiendrait sans doute fin janvier-début février.

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