«La rencontre fut agréable et utile», a d’emblée déclaré Didier Burkhalter devant la Maison-Blanche, visiblement peu perturbé par le froid glacial qui s’est emparé de la capitale américaine. «Nous avons discuté de l’Iran, de l’Ukraine, de questions bilatérales dont l’espionnage, les banques suisses et le programme de régularisation ainsi que de la collaboration entre les deux pays en matière de paix et de médiation.» Joe Biden a, selon le conseiller fédéral, jugé constructives les priorités fixées par la Suisse durant sa présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à un moment où l’Ukraine est en crise. Sur l’Iran, Didier Burkhalter ne pipera pas mot, estimant que les discussions relèvent du secret relatif au mandat de puissance protectrice exercé par la Suisse au nom des Etats-Unis dans la République islamique.

Quand on l’interpelle sur le rapport présenté par la sous-commission du Sénat quelques heures plus tôt, le président de la Confédération précise qu’il n’en a pas pris connaissance et qu’il n’est pas en mesure d’apporter une réaction circonstanciée. «Il ne faut pas sous-estimer, ni surestimer ce type de rapport», lâche-t-il pourtant. Il réfute l’argument selon lequel la Suisse aurait tout obtenu ce qu’elle voulait dans le dossier des banques. «Il ne faut pas croire tout ce qu’on vous dit», a-t-il souligné. Pour le conseiller fédéral, la Suisse et les banques suisses ont «fait ce qu’il fallait». Il espère que désormais, dans le cadre du programme de régularisation, les établissements bancaires seront traités correctement.

Quelques heures plus tôt, dans une salle de conférence du Capitole, les sénateurs John McCain et Carl Levin accablaient Credit Suisse pour ses pratiques «systématiques» d’incitation à l’évasion fiscale…