George Bush s'est dit «troublé» mercredi par les soupçons de massacre de civils qu'auraient perpétré les Marines dans une ville d'Irak et a assuré que les coupables seraient punis si les faits potentiellement désastreux pour l'armée américaine étaient vérifiés. C'est sa première réaction à l'affaire de Haditha.

Au moins 24 civils irakiens ont été tués le 19 novembre 2005 dans cette localité à 260 km à l'ouest de Bagdad. Selon la version initiale fournie par les Marines, ils ont péri dans l'explosion d'un engin dissimulé en bord de route. Mais l'hebdomadaire Time en mars et des témoignages rapportés depuis par la presse ont remis en question cette présentation des faits. Ils indiquent que les civils, parmi lesquels des enfants, auraient été abattus de sang-froid par les Marines en représailles à la mort de l'un des leurs (LT du 30.5.06).

«Ceux qui ont enfreint la loi, si la loi a été enfreinte, seront punis», a promis le président Bush devant la presse à l'occasion d'une rencontre à la Maison-Blanche avec son homologue rwandais Paul Kagame. Il a rappelé que des «investigations approfondies», menées par les militaires, étaient en cours. Elles visent à déterminer ce qui s'est passé le 19 novembre, mais aussi à savoir si les Marines ont ensuite tenté de travestir la vérité, comme le disent certains parlementaires.

Etat d'urgence à Bassorah

L'état d'urgence a été déclaré pendant un mois mercredi à Bassorah, capitale méridionale de l'Irak saisie par la violence. L'annonce a été faite par le premier ministre Nouri al-Maliki qui visitait Bassorah pour la première fois depuis sa prise de fonction le 20 mai.

La violence a continué d'ensanglanter le pays avec la découverte de 40 corps et la mort de 66 personnes ces dernières 24 heures, dont un journaliste sportif. D'autre part, neuf personnes ont été tuées et 20 blessées hier soir au cours d'une attaque au mortier visant des habitations du quartier de Doura, dans le sud de Bagdad, selon une source de sécurité.