Cachemire

Cachemire: le Pakistan accuse l'Inde d'incursion aérienne

Les tensions sont très vives entre les deux voisins après un attentat-suicide dans la région, qui a tué 41 paramilitaires indiens

Le Pakistan a affirmé mardi avoir repoussé une brève incursion de l'armée de l'air indienne au-dessus de la région disputée du Cachemire, tandis que New Delhi a déclaré avoir «complètement détruit» un camp insurgé en représailles à un sanglant attentat.

Ces déclarations interviennent alors que les tensions sont très vives entre les deux voisins suite à un attentat suicide au Cachemire indien qui a tué 41 paramilitaires indiens le 14 février et a été revendiqué par le groupe islamiste insurgé Jaish-e-Mohammed (JeM), basé au Pakistan.

«L'armée de l'air a conduit une frappe tôt ce matin sur un camp terroriste de l'autre côté de la Ligne de contrôle (qui sert de facto de frontière entre les deux pays au Cachemire) et l'a complètement détruit», a indiqué sur Twitter le ministre d'Etat indien pour l'Agriculture, Gajendra Singh Shekhawat.

Le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Asif Ghafoor, avait auparavant accusé l'armée de l'air indienne d'avoir «violé la Ligne de contrôle». «L'armée de l'air pakistanaise s'est aussitôt mobilisée. Les avions indiens sont repartis», a-t-il indiqué tôt mardi sur Twitter.

Des camps du groupe Jaish-e-Mohammed visés

Les avions indiens ont fait leur intrusion du côté du secteur de Muzaffarabad, capitale du Cachemire pakistanais, a-t-il ajouté dans un second tweet. Ils ont pénétré à environ «3 à 4 miles» (4 à 6 km) dans le territoire, a-t-il précisé par la suite.

«Confrontés à la réponse opportune et efficace de l'armée de l'air pakistanaise, (ils) ont largué en hâte une charge utile en s'enfuyant qui est tombée près de Balakot. Pas de victimes ni de dégâts», a-t-il indiqué. On ignorait dans l'immédiat de quel type de charge il s'agissait ou leur nombre.

Le général a, par la suite, publié des photos montrant selon lui l'impact de la charge et des morceaux de métal tordu dans un endroit boisé.

Selon des médias indiens, les avions ont frappé plusieurs cibles dont des camps gérés par le groupe islamiste insurgé Jaish-e-Mohammed (JeM). La chaîne CNN News 18 fait état de «près de 200 victimes des frappes indiennes», citant des «sources gouvernementales haut placées». L'agence de presse indienne ANI affirme pour sa part que 12 avions Mirage 200 ont frappé dans la nuit des camps insurgés sur le territoire pakistanais.

Une escalade depuis l'attentat

L'analyste militaire pakistanais Hasan Askari a jugé que «l'initiative que l'Inde a prise pour satisfaire son opinion publique est dangereuse». «Si de telles actions se poursuivent, elles peuvent se transformer en un conflit majeur qui ne servira qu'à plonger la région dans une grave crise», a-t-il ajouté, interrogé par l'Agence France Presse (AFP).

Lire aussi: Attentat au Cachemire indien: l’Inde veut faire payer «le prix fort» 

L'Inde accuse de longue date le Pakistan de soutenir en sous-main les infiltrations de militants islamistes et la rébellion armée au Cachemire indien, ce qu'Islamabad a toujours démenti.

L'attentat du 14 février a suscité une vague de colère en Inde et des appels à des représailles. Islamabad, qui nie soutenir les infiltrations de militants islamistes au Cachemire indien ainsi que les activités des rebelles séparatistes armés, a d'ores et déjà menacé de répliquer en cas de représailles indiennes. Les autorités pakistanaises ont aussi proposé à plusieurs reprises à New Delhi leur coopération dans l'enquête sur l'attentat.

Elles ont par ailleurs annoncé vendredi avoir pris le contrôle d'un complexe présumé être le siège du groupe JeM à Bahawalpur (centre), comprenant 600 étudiants et 70 enseignants selon le ministère de l'Intérieur.

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