La Californie est dévorée par les flammes

Plus de 1940 pompiers, 180 camions, quatre avions bombardiers d’eau et 19 hélicoptères. Malgré les importants moyens déployés, Rocky Fire, le plus important incendie qui ravage actuellement la Californie, n’était maîtrisé qu’à 5% dimanche, selon les dernières données rendues disponibles par Cal Fire, l’agence californienne de protection contre les feux. En comptant les organismes locaux, étatiques et fédéraux, 9600 pompiers sont mobilisés autour d’une vingtaine d’incendies dans cet Etat de l’ouest des Etats-Unis, qui fait face à son quatrième été de sécheresse d’affilée.

Vendredi dernier, le gouverneur Jerry Brown a décrété l’état d’urgence, débloquant ainsi des fonds supplémentaires et des renforts humains pour venir à bout des feux qui ont coûté la vie à un pompier de 38 ans, Dave Ruhl, et poussé des milliers de personnes à abandonner leur domicile. «La sévère sécheresse et le climat extrême ont transformé quasiment tout l’Etat en poudrière, a commenté Jerry Brown dans un communiqué vendredi soir. Nos courageux pompiers sont en première ligne et nous ferons tout notre possible pour les aider.»

Progression «importante»

Rocky Fire, qui s’étend sur trois comtés dans la région de Lower Lake, à 170 km au nord de San Francisco, a déjà ravagé 19 hectares de forêt sur plus de 200 km². Les pompiers s’efforcent pour l’heure d’empêcher le feu, qui a progressé de façon «importante» dans la nuit de samedi à dimanche, de s’étendre à un périmètre encore plus large. Jusqu’ici, les flammes ont avalé 24 maisons, détruit 26 bâtiments et en menacent 6300 autres.

A 160 km à l’est de Lower Lake, au pied de la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada, 900 hectares ont été détruits par le Lowell Fire en neuf jours. Les autorités espèrent venir à bout de l’incendie, actuellement maîtrisé à 80%, d’ici au 10 août. Cinq incendies principaux consument la végétation des nombreux parcs naturels répartis le long de la Sierra Nevada. Le plus important, le Willow Fire, a déjà détruit 2000 hectares de forêt. Dans le nord de l’Etat, les arbres brûlent également en une dizaine d’endroits. Enfin, la région de Los Angeles n’est pas épargnée, avec trois principaux foyers à l’extérieur de la grande agglomération.

900 feux de plus qu’en 2014

Plus de 3400 feux se sont déclarés en Californie depuis le début de l’année, soit environ 1000 de plus que lors d’une année moyenne. Ce chiffre équivaut aussi à 900 feux de plus qu’en 2014 à la même époque, a fait savoir Daniel Berlant, porte-parole de Cal Fire. Les autorités craignent un record d’incendies cette année si la sécheresse extrême persiste, et tout indique que ce sera le cas.

Car, si les pompiers ont réussi à venir à bout de nombreux incendies – une trentaine a été éteinte au mois de juillet –, ils ne parviennent pas à enrayer le rythme des départs de feu. «C’est un véritable marathon, pas un sprint», a déclaré samedi Ken Pimlott, directeur de Cal Fire, au quotidien USA Today. «Seule l’arrivée de la pluie, et je ne parle pas de quelques orages isolés, mais d’averses durables, pourra faire la différence», a-t-il ajouté.

Si la foudre est majoritairement responsable en ce qui concerne le nord de l’Etat, les causes de chaque incendie n’ont pas encore été déterminées. Mais les sols arides, qui n’ont pas vu tomber plus que quelques gouttes de pluie depuis des mois, favorisent les embrasements.

Au mois d’avril, pour la première fois de l’histoire de la Californie, le gouverneur Jerry Brown a ordonné une réduction de 25% de la consommation d’eau de l’Etat en raison de la sécheresse historique. En juin, les Californiens ont montré qu’ils avaient conscience de ­l’urgence et pris leur part de responsabilité en limitant leur consommation au-delà des objectifs, de 27,3%. Mais, sans coup de pouce de la météo, le «marathon» est parti pour durer.