Riad se contorsionne, se tord les doigts et s’arrache les cheveux comme pour les déraciner. Il a 11 ans et voudrait balayer le souvenir de sa captivité aux mains de l’Etat islamique (EI), mais cette pensée s’entête. Le garçon a été libéré samedi dernier, une semaine avant la chute de Baghouz, l’ultime territoire contrôlé par l’EI, et cinq ans après son enlèvement dans la région du Djebel Sinjar en Irak. Comme d’autres membres de la minorité religieuse des Yézidis, réduits en esclavage ou mariés de force, il a été contraint de suivre les djihadistes au gré de leurs déplacements. Ces ex-otages, encore traumatisés, témoignent de leurs conditions de vie au sein de l’enclave de Baghouz, en Syrie, de leurs souffrances et de l’étendue des exactions dont ils ont été les victimes.