Li Keqiang

Agé de 57 ans, Li Keqiang succédera en mars à Wen Jiabao au postede premier ministre. Forméen droit et en économie, il aura la lourde tâche de piloter la restructuration de l’économie pour diminuer les écarts de revenus. Formé à la Ligue de la jeunesse du Parti, il passe pour un pragmatique proche de Hu Jintao. A la tête de la province du Henan, il a couvert un scandale du sang contaminé au retentissement national. Il a redoré son blason en modernisant le bastion industriel du Liaoning. Depuis 2007, il est vice-premier ministre. Un câble WikiLeaks a révélé sa défiance envers les statistiques (créées par les officiels) et son souci d’améliorer la couverture sociale des plus démunis.

Zhang Dejiang

Agé de 65 ans, il a succédé à Bo Xilai en tant que chef du Parti communiste dela municipalité de Chongqing avec la lourde tâche de remettre de l’ordre suite au scandale politique provoqué par son prédécesseur, qui visait le politburo en menant une campagne néo-maoïste. Formé en économie à l’Université Kim Il-sung de Pyongyang, il est réputé pour son style conservateur. Favorable au renforcement des entreprises d’Etat, il prône un certain protectionnisme. Il a été chef de la province du Guangdong, principale base d’exportation du pays, qu’il a contrôlée d’une main de fer. Il est considéré comme un protégé de l’ex-numéro un Jiang Zemin. Il est associé au parti des «princes».

Yu Zhengsheng

Agé de 67 ans, il est depuis 2007 secrétaire du PC de Shanghai. Diplômé de l’Institut d’ingé-nierie militaire de Harbin (nord-est) dans le département «missiles», ce fils d’un vétéran du régime est un proche de la famille de Deng Xiaoping. Son père était marié à Jiang Qing avant qu’elle devienne Mme Mao, la tristement célèbre épouse du grand timonier. C’est aussi un proche de Jiang Zemin. Sa nomination surprend quand l’on sait que son frère, en 1985, alors qu’il était à la tête des renseignements, a fait défection aux Etats-Unis. Il aurait ensuite été éliminé. Yu Zhengsheng est aussi crédité pour sa gestion de Qingdao, qui a vu émerger deux grandes marques: la bière Qingdao et le fabricant d’appareils ménagers Haier.

Liu Yunshan

Agé de 65 ans, il était jusqu’ici le ministre en charge de la Propagande, qui dépend directement du Parti et non du gouvernement, depuis 2002. A ce titre, il était chargé du contrôle idéologique, de la censure et du développement des médias. Ce conservateur a débuté sa carrière comme enseignant puis reporter pour l’agence Chine nouvelle en Mongolie intérieure, à la fin de l’époque maoïste. Proche du président Hu Jintao, il est devenu le patron de cette région autonome riche en charbon et en terres rares en 1992, avant de se consacrer à la propagande à partir de 1997. «C’est une très mauvaise nouvelle, note un observateur à Pékin. C’est la première fois qu’un responsable de la propagande obtient ce poste.»

Wang Qishan

Agé de 64 ans, il était jusqu’ici vice-premier ministre en charge des Finances, représentant notamment la Chine pour des discussions économiques stratégiques avec les Etats-Unis et l’Europe. Ancien maire de Pékin et ancien patron de la province industrielle du Guangdong, il parle couramment anglais. Marié à la fille d’un haut dirigeant de l’ère Deng Xiaoping, il est souvent associé à la «faction des princes». Historien de formation, il a travaillé dans une banque avant de rejoindre, à 35 ans, le PC. C’est un avocat de la libéralisation du système financier. «C’est regrettable qu’il soit chargé de la discipline plutôt que de la finance. C’est du gaspillage», déplore le même observateur.

Zhang Gaoli

Agé de 65 ans, il était depuis 2007 le patron de la grande ville portuaire de Tianjin (à l’est de Pékin), où il a favorisé le développement d’un nouveau centre financier et d’une zone portuaire. Cet économiste a effectué une grande partie de sa carrière dans la province méridionale du Guangdong, où il notamment été chef du Parti de la ville de Shenzhen, à la frontière avec Hongkong. Originaire du Fujian, il passe pour un protégé de l’ancien chef de l’Etat Jiang Zemin. On le dit également proche du magnat de Hongkong Li Ka-shing. Il serait favorable au développement des entreprises privées. Il a débuté sa carrière dans l’industrie pétrolière.