Afrique

Au Cameroun, une guerre qui ne veut pas dire son nom

Depuis 2017, un conflit sanglant oppose les séparatistes anglophones aux forces gouvernementales. Affaibli à 86 ans, dont trente-six au pouvoir, le président Paul Biya, qui vient d’arriver à Genève, veut mater la rébellion par les armes. Les populations civiles sont prises entre deux feux. Reportage

Les contreforts du Mont-Cameroun, à une trentaine de kilomètres du Nigeria, couverts d’une épaisse forêt tropicale, sont le théâtre d’un drame humanitaire: des milliers de déplacés s’y terrent, qui ont fui les combats entre l’armée camerounaise et les milices anglophones sécessionnistes. Les séparatistes, qui ont pris les armes en 2017, veulent que leurs deux provinces – le Sud-Ouest et le Nord-Ouest – deviennent un Etat indépendant: l’Ambazonie. Mais le gouvernement de Yaoundé, la capitale du pays, ne veut pas entendre parler de sécession ou d’autonomie, il minimise le conflit et consent à peine à une décentralisation en trompe-l’œil. Après trente-six ans au pouvoir, le président Paul Biya ne sait comment gérer cette insurrection: il tente sans succès de la mater par les armes.

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