L'édition 2004 des élections américaines – présidentielle et parlementaires – devrait être la plus chère de l'histoire des Etats-Unis, avec un coût de 3,9 milliards de dollars au minimum, en augmentation de 30% par rapport à la précédente campagne en 2000. Pour la seule course à la Maison-Blanche, les dépenses devraient s'élever à 1,2 milliard de dollars, selon une étude publiée jeudi par le groupe indépendant Center for Responsive Politics (Centre pour l'intégrité politique), dont le directeur, Larry Noble, estime que les chiffres définitifs pourraient être encore plus élevés.

«Le coût de la campagne et celui de nos élections continuent de grimper», et ce malgré les restrictions qui ont été imposées pour limiter les dépenses, a déclaré Larry Noble. La réforme sur le financement des campagnes électorales «n'a pas clairement fait ses preuves», a-t-il estimé. Le sénateur républicain John McCain et son collègue démocrate Russ Feingold sont à l'origine de cette loi entrée en vigueur pour la campagne présidentielle 2004, mais le texte qu'ils ont rédigé n'avait pas prévu le cas particulier des «527». Les «527» sont des associations qui ne sont pas soumises au plafond légal sur les dépenses électorales.

Les associations «527» qui diffusent de nombreux messages publicitaires, souvent négatifs, à l'encontre de l'un ou l'autre des candidats, sont particulièrement dépensières cette année. Dans son étude, le centre souligne que l'inflation du coût de la campagne s'explique surtout par l'argent dépensé par ces organisations. Elles auraient déjà dépensé près de 386 millions de dollars, dont 187 millions pour la seule élection présidentielle, a dit Larry Noble.

L'une des «527» les plus connues est animée par d'anciens combattants du Vietnam proches du Parti républicain et accuse dans une intense campagne de spots télévisés – qui a coûté 6 millions de dollars – le démocrate John Kerry d'avoir menti sur ses faits d'armes au Vietnam et dénoncé la guerre à son retour du front. Plusieurs «527» proches des démocrates ont également attaqué George Bush ces derniers mois.

L'état-major de campagne de George Bush a dépensé jusqu'ici un peu plus de 278 millions de dollars (spots télévisés, encarts publicitaires, réunions électorales et salaires versés aux «stratèges» de campagne). Dans les caisses de l'état-major républicain, il reste encore 152 millions à dépenser d'ici au 2 novembre.

Côté démocrate, le montant de la campagne s'élève à 197,5 millions de dollars, et le parti a en réserve encore 113,5 millions. Pour comparaison, les candidats à la course présidentielle de 1976 remportée par le démocrate Jimmy Carter avaient dépensé 171 millions de dollars.

Une bonne partie des recettes enregistrées dans les caisses des candidats cette année provient des dons et contributions individuels, qui pourraient atteindre 2,5 milliards de dollars, prédit l'étude, contre 1,5 milliard en 2000. Les contributions des divers «comités d'action politique» ne sont pas non plus négligeables, avec 384 millions de dollars, soit une augmentation de 33% par rapport au scrutin de 2000.