Le crash du Boeing 737 près de Téhéran, qui a entraîné la mort de 176 personnes, majoritairement irano-canadiennes, est survenu peu après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases utilisées par l’armée américaine en Irak. «Nous avons des informations de sources multiples, notamment de nos alliés et de nos propres services» qui indiquent que l’avion a été abattu «par un missile sol-air iranien», a déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse. «Ce n’était peut-être pas intentionnel», a-t-il ajouté.

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L’Iran a aussitôt réagi à ce qu’il appelle des «mises en scènes douteuses», appelant Ottawa à «partager» ses informations avec la commission d’enquête iranienne.

«Pas correct sur le plan scientifique»

Vendredi, l’Iran a dit pouvoir affirmer avec certitude qu’il ne croyait pas à la thèse du missile. «Une chose est sûre, cet avion n’a pas été touché par un missile», a déclaré le président de l’Organisation de l’aviation civile iranienne (CAO), Ali Abedzadeh lors d’une conférence de presse à Téhéran.

«Les informations [contenues] dans les boites noires [de l’appareil] sont absolument cruciales» pour l’enquête, et toute déclaration avant que leurs données soient extraites «n’est pas un avis d’expert», a ajouté Ali Abedzadeh.

«Nous avons vu certaines vidéos», a déclaré Ali Abedzadeh. «Nous confirmons que l’avion a été en feu pendant 60 à 70 secondes», mais dire «qu’il a été touché par quelque chose ne peut pas être correct sur le plan scientifique», a-t-il ajouté.

Doutes à Washington

Sans se montrer aussi explicite que Justin Trudeau, le président américain Donald Trump avait un peu plus tôt exprimé ses «doutes» sur la thèse du problème mécanique. «J’ai le sentiment que quelque chose de terrible s’est passé», avait-il déclaré, évoquant une possible «erreur». Les autorités iraniennes affirment de leur côté que les «rumeurs» selon lesquelles l’avion d’Ukraine Airlines International aurait été abattu par un missile n’ont «aucun sens».

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L’avion de ligne ukrainien avait décollé mercredi matin de Téhéran en direction de Kiev avant de s’écraser deux minutes après. Une cinquantaine d’experts ukrainiens sont arrivés jeudi à Téhéran pour participer à l’enquête et notamment au décryptage des boîtes noires de l’appareil. «A un moment ou à un autre, ils remettront les boîtes noires, idéalement à Boeing, mais s’ils les donnent à la France ou un autre pays, cela ira aussi», a affirmé Donald Trump.

Une certaine confusion règne sur le sort de ces boîtes noires, cruciales pour les investigations à venir. Mercredi, l’agence Mehr, proche des ultraconservateurs, a cité des propos d’Ali Abedzadeh, président de l’Organisation de l’aviation civile iranienne (CAO) selon lesquels l’Iran ne remettrait pas les boîtes noires aux Américains. Jeudi, le ministère iranien des Transports a rejeté «les rumeurs sur la résistance de l’Iran à livrer les boîtes noires […] aux Etats-Unis». Seuls quelques pays, dont les Etats-Unis mais aussi l’Allemagne ou la France, ont les capacités techniques d’analyser les boîtes noires.

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Deuil national en Ukraine

Cette catastrophe aérienne est la plus meurtrière impliquant des Canadiens depuis l’attentat contre un Boeing 747 d’Air India en 1985, dans lequel 268 Canadiens avaient trouvé la mort. Pays hôte d’une importante diaspora iranienne, le Canada a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2012 en reprochant à la République islamique son soutien au gouvernement de Bachar al-Assad en Syrie.

Kiev examine différentes hypothèses de travail parmi lesquelles un tir de missile antiaérien, l’explosion d’une bombe placée à bord, ou encore une collision avec un drone. Le président Volodymyr Zelensky a décrété jeudi une journée de deuil national, promettant d’établir la vérité sur ce drame. L’Ukraine a par ailleurs demandé un «soutien inconditionnel» de l’ONU à ses experts afin que l’enquête puisse aboutir.

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Incendie à bord

Selon un rapport d’enquête préliminaire de l’aviation civile iranienne, des témoins oculaires ont rapporté qu’un incendie avait été observé dans l’avion. La CAO laisse entendre que parmi les témoins de l’incendie figurent des personnes au sol et d’autres à bord d’un appareil qui se serait trouvé au-dessus du Boeing au moment du début de drame.

Après ce départ de feu d’origine encore indéterminée, l’avion a changé de direction, et, selon la CAO, il «était sur le chemin du retour à l’aéroport» quand il s’est écrasé dans un parc de loisirs près de Chahriar, ville située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la métropole téhéranaise. Boeing, touché par un scandale autour de ses 737 MAX cloués au sol depuis 10 mois, a indiqué être «prêt à aider par tous les moyens nécessaires».