Les partis libéraux et conservateurs étaient donnés au coude-à-coude par tous les derniers sondages mais ce sont bien les libéraux canadiens de Justin Trudeau qui devraient remporter les élections législatives. Et ce malgré les nombreux scandales qui ont marqué les quatre années au pouvoir de l'actuel premier ministre.

Les chaînes canadiennes, dont les projections ont été unanimes lundi soir, n'ont pas prédit l'ampleur de la victoire de Justin Trudeau, 47 ans, face aux conservateurs d'Andrew Scheer, 40 ans. Si ces projections se confirment, Justin Trudeau aura remporté son pari d'un deuxième mandat mais ressort affaibli de ce scrutin.

Le dirigeant âgé de 47 ans devra donc trouver l'appui de plus petits partis à la Chambre des communes pour se maintenir au pouvoir alors que les libéraux bénéficiaient d'une majorité absolue des voix, avec 177 sièges sur 338, à la dissolution de la chambre actuelle.

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Le dirigeant libéral pourrait donc entamer dès mardi ces discussions. Le système électoral canadien prévoit qu'un premier ministre sortant peut rester en poste même si son parti n'obtient pas la majorité des sièges, tant qu'il réunit une majorité lors des votes de confiance à la Chambre des communes.

Trudeau affaibli par plusieurs scandales

Justin Trudeau devrait notamment se rapprocher du Nouveau Parti Démocratique (NPD, gauche), de Jagmeet Singh, l'une des révélations de ces élections, ou du Bloc québécois, formation indépendantiste dirigée par l'autre révélation de la campagne, Yves-François Blanchet. Ce parti ne présente des candidats que dans la «Belle province», mais celle-ci compte à elle seule près d'un quart des élus à Ottawa (78) et le Bloc y a taillé des croupières aux libéraux.

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A 47 ans, Justin Trudeau n'a plus les atouts de la jeunesse – Andrew Scheer et Jagmeet Singh ont 40 ans – et de la nouveauté qui avaient contribué à le porter au pouvoir, à la surprise générale, en 2015 face au conservateur Stephen Harper. Surtout, le dirigeant libéral termine son mandat affaibli par plusieurs scandales. Sa popularité a chuté après une affaire d'ingérence politique dans une procédure judiciaire, et la publication en pleine campagne de photos de lui grimé en Noir («blackface») a brouillé son image.

Andrew Scheer a eu son lot de polémiques

Tout au long de la campagne, Justin Trudeau a défendu son bilan: économie solide, cannabis légalisé, taxe carbone, accueil de dizaines de milliers de réfugiés syriens, accords de libre-échange signés avec l'Europe ou les Etats-Unis et le Mexique...

En face, Andrew Scheer promettait un retour à l'équilibre budgétaire, des baisses d'impôts, avec un objectif simple: «Remettre de l'argent dans la poche des Canadiens». Le conservateur aux valeurs catholiques assumées a tenté de compenser une image un peu terne par des attaques en règle contre Justin Trudeau, mais il n'a pas échappé à son lot de polémiques: hostilité personnelle à l'avortement et soupçons d'avoir commandité une campagne de dénigrement de son rival de la droite conservatrice, Maxime Bernier.