Aujourd'hui, chaque Canadien peut par exemple entrer librement au Parlement, déambuler pour découvrir son architecture victorienne et sa magnifique bibliothèque.

Chose impossible dans beaucoup de démocraties, au Canada chacun peut croiser son député dans les assemblées provinciales. Québec a ainsi rouvert la sienne vendredi au public après l'attentat d'Ottawa où un assaillant, après avoir abattu un militaire, a pu pénétrer dans le Parlement avec une carabine sans obstacle sérieux avant de tomber sous les balles des forces de sécurité.

Une consultation non scientifique menée vendredi par la chaîne publique CBC montrait qu'une immense majorité des Canadiens étaient contre l'idée "de sacrifier les libertés pour accroître la sécurité", comme le veut le gouvernement conservateur.

Inscrite dans la Constitution canadienne de 1982, la charte des droits et libertés est la pierre angulaire du système de justice au Canada. Les attentats perpétrés cette semaine, dans lesquels deux militaires ont trouvé la mort à Ottawa et au sud de Montréal, ont relancé le débat de la compatibilité de cette charte avec la nécessité de combattre avec succès le terrorisme.

Les partisans de la ligne dure s'interrogent pour savoir si cette charte n'a pas empêché les policiers et les services de renseignement d'arrêter les auteurs des attentats avant qu'ils ne passent à l'acte.

Arrêté alors qu'il allait s'envoler pour la Turquie, Martin Rouleau-Couture, le jeune radicalisé aux inspirations jihadistes qui a tué un militaire avec sa voiture avant d'être abattu par la police près de Montréal, s'était vu confisquer son passeport et placer sur la liste des citoyens susceptibles d'actes terroristes. Pourtant, aucune loi ne permettait de le poursuivre et de l'enfermer.

"On ne peut pas arrêter quelqu'un parce qu'il a des idées radicales. Ce n'est pas un crime au Canada", a expliqué cette semaine une responsable de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Martine Fontaine, en écho aux dispositions de la charte des droits et libertés.