«J’ai appris ce matin la décision de Mme Jeleva de se retirer de ses fonctions de ministre bulgare des Affaires étrangères et de commissaire (européenne) désignée» au portefeuille de l’Aide humanitaire, a annoncé le chef de file de sa famille politique au Parlement européen, Joseph Daul. «Mme Jeleva n’a pas supporté que son honneur et son honnêteté soient remis en cause et moi, à titre personnel, je la comprends très bien», a ajouté le président du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite).

L’information a été confirmée à Sofia, qui a publié sa lettre de démission. Elle y estime ne pas pouvoir compter sur «une attitude impartiale et une appréciation objective» à son sujet de la part du Parlement européen.

Pressentie pour s’occuper de l’aide humanitaire dans la future équipe de José Manuel Barroso, Mme Jeleva était sur la sellette depuis un examen de passage mouvementé la semaine dernière au Parlement, chargé de confirmer tous les candidats commissaires après audition.

Tous les groupes politiques, à l’exception du PPE, avaient émis «doutes» sur la capacité de la candidate bulgare à occuper le poste de l’aide humanitaire. Elle était aussi mise en cause pour avoir dissimulé des intérêts financiers, ce qu’elle a toujours réfuté.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a annoncé en parallèle que le Premier ministre bulgare Boïko Borissov lui avait proposé en remplacement la candidature de Kristalina Georgieva pour siéger au sein de l’exécutif européen. Mme Georgieva est actuellement vice-présidente de la Banque mondiale.

Casus belli

L’affaire Jeleva devenait urgent à régler pour M. Barroso. Les socialistes, deuxième force politique du Parlement, avaient menacé de voter contre l’investiture de l’ensemble de la prochaine Commission si elle se maintenait.

Le Parlement devait à l’origine voter le 26 janvier en bloc sur la future équipe. M. Daul a indiqué que ce vote serait repoussé à une date ultérieure en raison de la démission de Mme Jeleva, et espéré que le futur exécutif européen pourrait être mis en place «début février».

Le départ de Mme Jeleva pourrait toutefois ne pas être le dernier chapitre de cette affaire. Sa famille conservatrice, se disant scandalisée par les accusations dont elle a fait l’objet, a contre-attaqué mardi en mettant en cause la chef de la diplomatie européenne, la travailliste britannique Catherine Ashton, également vice-présidente de la Commission, pour ne pas encore s’être rendue à Haïti après le séisme du 12 janvier.

Le PPE a aussi sévèrement critiqué le candidat de la Slovaquie, le socialiste Maros Sefcovic, qui a subi son examen de passage lundi soir, en raison de «propos discriminatoires» tenus en 2005 à l’encontre des Tziganes. M. Daul n’a pas exclu que d’autres candidats commissaires se retirent.