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A dead fish swims on the water surface of the Rhine, on Monday, 6 August 2018, in Schaffhausen, Switzerland. A mass death of fish hast started in the Rhine. Especially the cold-loving grayling suffer from the heat. From 23 degrees Celcius onward…
© Melanie Duchene/Keystone ©

Météo

La canicule menace les poissons de rivière

Le bas niveau des rivières et la température anormalement élevée de l’eau menacent la faune aquatique. L’espèce la plus en danger est l’ombre, suivi de la truite

Des poissons, l’équivalent de centaines de kilos, sont morts à cause de la chaleur. C’est ce que révèle Philipp Sicher, administrateur de la Fédération suisse de pêche (FSP). L’incident s’est produit dans les eaux du Rhin, le fleuve suisse le plus sous pression, à Schaffhouse, où un plan de sauvetage d’urgence vient d’être adopté par les autorités cantonales. «Sa température y est actuellement de 27,5 degrés Celsius. Ailleurs, elle est encore sous les 25 degrés. Cela dit, à travers tout le pays, la situation est très inquiétante», indique-t-il.

La principale espèce en danger est l’ombre commun, suivi de la truite. «Pour sauver les poissons, nous avons creusé des fosses aux embouchures des affluents pour leur permettre un accès à l’eau plus froide, dans laquelle il y a davantage d’oxygène. Lorsque celui-ci diminue à cause de la chaleur, les poissons souffrent et peuvent éventuellement mourir.» Si la situation actuelle perdure, ce sera «très grave», ajoute-t-il.

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Le double problème

Les cantons les plus touchés par les bas niveaux d’eau et les températures élevées sont Zurich, Thurgovie, Argovie, Saint-Gall et Schaffhouse, affirme Edith Oosenbrug, responsable des informations hydrologiques de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). «En Suisse romande, la situation est moins alarmante pour le moment. Mais elle pourrait le devenir ces prochains jours, ou semaines, s’il n’y a pas de précipitations suffisantes.»

L’hydrologue précise que l’eau pose un double problème: son bas niveau et sa température élevée. «Le premier nuit à l’agriculture, rendant l’irrigation nécessaire impossible. La navigation aussi est affectée. Par exemple, à Bâle, depuis quelques semaines, il n’est pas possible de charger autant de poids sur les bateaux qu’en temps normal.» Un bas niveau d’eau est aussi problématique pour certaines espèces de poissons, souligne-t-elle, d’autant que lorsqu’il y a peu d’eau, celle-ci se réchauffe plus rapidement.

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Une disparition programmée

La répartition des précipitations au cours de l’année se modifie. «Nous nous attendons à ce que ce type d’été se répète dans le futur. Il faudra dorénavant prendre en compte qu’il pleuvra davantage en hiver, et moins au printemps et en été, de façon à répartir nos ressources hydrauliques sur toute l’année, et ce, équitablement à travers le pays.»

Président de la société de pêche la Ceresiana, au Tessin (plus habitué à traiter avec les grandes chaleurs que le nord des Alpes), Maurizio Costa observe que l’écosystème se métamorphose déjà à cause des changements climatiques. Il n’exclut pas que, d’ici à quelques décennies, la truite disparaisse complètement dans certaines zones du canton. «D’autres poissons qui supportent mieux l’eau chaude les remplaceront.»

L’homme signale que le Tessin a eu la chance d’avoir un mois de mai exceptionnellement pluvieux et beaucoup de neige cet hiver. «Les bassins et les sources se sont bien remplis. Heureusement, sinon, avec les conditions météorologiques actuelles, ce serait le désastre.» Le grand problème ici, ce sont les cours d’eau latéraux qui s’assèchent et dont l’eau est trop chaude, signale-t-il, ajoutant qu’à 18 degrés la truite montre déjà des symptômes de stress.

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Des solutions pour la survie

Directeur de l’Office cantonal de la chasse et de la pêche, Tiziano Putelli explique que pour sauver les poissons là où il y a risque d’assèchement, les gardes-pêche procèdent à la pêche électrique. «A l’aide d’un appareil fonctionnant avec une impulsion électrique, il est possible de capturer tous les poissons piégés dans un bassin exposé à l’assèchement sans les tuer, pour les transférer dans des eaux pérennes [qui s’écoulent sans interruption], plus profondes, plus fraîches.» Ces derniers jours, 1500 truites en détresse ont ainsi été sauvées dans le fleuve Leguana.

Pour permettre aux poissons de mieux résister à terme aux conditions extrêmes, la revitalisation des cours d’eau, c’est-à-dire leur retour autant que possible à leur état naturel, est d’un grand intérêt. Le Tessin a entrepris dès 2000 ce processus, qui a été rendu obligatoire à l’échelle nationale onze ans plus tard dans le cadre de la loi sur la protection des eaux. Car l’aménagement artificiel des cours d’eau a engendré toute une série de caractéristiques nuisant à la faune aquatique. Comme l’insuffisance de végétation susceptible de faire de l’ombre le long de l’eau, une profondeur insuffisante des rivières, des digues et des fonds en ciment qui s’avèrent chauffer facilement…

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