Environnement

Dans le canton de Vaud, le Conseil d’Etat veut diminuer l’utilisation du glyphosate

Bien que le Conseil fédéral ait renoncé à interdire le glyphosate, le gouvernement vaudois veut limiter son utilisation sur le territoire cantonal. Il a soumis au Grand Conseil un plan d’action

Le Conseil d’Etat entend assumer ses responsabilités environnementales et sanitaires en s’appuyant sur le principe de précaution et son devoir d’exemplarité. Il soumet dès lors au Grand Conseil un plan d’action pour limiter l’utilisation du glyphosate comprenant plusieurs axes, indique-t-il vendredi dans un communiqué.

Dès que le projet aura passé la rampe du parlement, le canton renoncera sans délai à l’utilisation du glyphosate pour toute application en dehors du cadre agricole. Soit tout ce qui est réalisé par les services étatiques et para-étatiques, comme le désherbage des talus ou l’entretien des chemins, a déclaré la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro.

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«La situation est plus délicate pour nos domaines agricoles, viticoles ou encore chez les pépiniéristes, confrontés à des parasites autrement plus tenaces. On ne peut pas juste interdire. On préfère se donner du temps jusqu’en 2022 pour des essais pilotes alternatifs», a expliqué la cheffe du Département du territoire et de l’environnement.

Les projets se calqueront en particulier sur les essais pratiques menés durant l’année 2017 par la Haute Ecole de viticulture et d’œnologie de Changins. Un test grandeur réelle sera notamment mené sur un terrain de la plaine de l’Orbe cultivé par des détenus.

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Le plan d’action implique aussi l’établissement d’un vaste état des lieux de l’utilisation du glyphosate par les services de l’Etat. Le contrôle de l’application des dispositions fédérales sera renforcé. Tous les domaines viticoles, agricoles et arboricoles de l’Etat devront renoncer totalement à cette substance dès 2022.

Lancement d’une campagne d’information

Les conditions d’utilisation d’ailleurs très restrictives du glyphosate sont souvent mal connues, note Jacqueline de Quattro. Le projet prévoit donc le lancement d’une campagne d’information, des mesures de sensibilisation auprès des vendeurs et un soutien accru à la formation des professionnels.

Le plan constitue la réponse du Conseil d’Etat à la motion du député Yves Ferrari et consorts intitulée «Glyphosate, le nom scientifique d’un pesticide cancérogène plus couramment appelé Roundup».

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Fribourg a déjà pris un certain nombre de mesures, certaines communes aussi, a précisé Jacqueline de Quattro. Vaud espère faire un peu office de canton pilote au vu des grandes surfaces qui seront concernées par les mesures.

Un herbicide couramment utilisé

Mis au point dans les années 70, le glyphosate est l’une des substances actives les plus couramment utilisées dans les herbicides commercialisés en Suisse. Son utilisation est approuvée au niveau national par l’Office fédéral de l’agriculture. En Europe, l’autorisation du glyphosate a été renouvelée en novembre 2017 pour une durée de cinq ans.

Les impacts sanitaires et environnementaux du glyphosate font cependant débat depuis plusieurs années. La controverse autour de ce produit a pris de l’ampleur depuis qu’en mars 2015 le Centre international de recherche sur le cancer – une agence de l’OMS – l’a reclassifié «probablement cancérogène pour l’homme».

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Le rapport du Conseil fédéral sur l’étude de l’impact du glyphosate en Suisse, rendu en mai dernier, démontre que des résidus de ce produit sont présents dans près de 40% des denrées alimentaires testées. Les concentrations restent cependant conformes aux normes légales.

Selon cette étude, les produits suisses présentent des concentrations plus faibles que les produits importés. Dans le canton de Vaud, des analyses effectuées en 2017 sur plusieurs rivières mettent en évidence un dépassement des limites légales pour le glyphosate dans environ 30% des échantillons prélevés.

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