L'essentiel

Le Conseil fédéral annonce de nouvelles mesures économiques: doublement de l'enveloppe dédiée aux cas de rigueur, prolongation des indemnités de chômage de trois mois et des RHT.

Le gouvernement ouvre la voie à des tests à grande échelle en acceptant de les financer.

Sanofi a annoncé que, bien que le laboratoire poursuive toujours son propre vaccin, il contribuera à la production de celui de Pfizer/BioNTech, une première dans l'histoire de la pharma.


■ Le Festival de Cannes reporté de deux mois

Le Festival de Cannes, qui se tient traditionnellement en mai, est reporté au mois de juillet en raison de la pandémie de coronavirus, annoncent les organisateurs.

«Comme annoncé à l'automne dernier, le Festival International du Film de Cannes, se donnait la possibilité de modifier ses dates en fonction de l'évolution de la situation sanitaire mondiale. Ainsi, prévu initialement du 11 au 22 mai 2021, le Festival aura lieu du mardi 6 au samedi 17 juillet 2021», précisent-ils.


■ Julien Riou: «La diminution des cas marque le pas...»

Cet après-midi, Alain Berset a rappelé un apparent paradoxe: les cas sont à la baisse en Suisse, tandis que le taux de reproduction effectif (R eff) lui, est en hausse, passant de 0,80 à 0,94 cette semaine. «Que le R eff augmente, tout en restant inférieur à 1, signifie simplement que l'épidémie décroît, mais moins rapidement que la semaine précédente» détaille l'épidémiologiste Julien Riou, de l'Université de Berne.

Ces chiffres continuent de l'inquiéter. «La diminution des cas marque le pas, or il faudrait qu'elle accélère. A 2000 cas par jour, l'épidémie n'est pas contrôlée, loin de là!». Il faudrait, ajoute-t-il, atteindre un nombre bien plus modeste, «peut-être 50 ou 100 cas quotidiens» pour parler de véritable contrôle de la situation.

L'Office fédéral de la santé publique a annoncé ce mercredi 2222 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures. Cinquante-huit décès supplémentaires sont à déplorer et 85 malades ont été hospitalisés.


■ Patronat et syndicat: des approbations limitées

Economiesuisse. La faîtière des grandes entreprises se félicite du fait que le Conseil fédéral appuie «enfin» les tests de grande échelle. «Désormais, les personnes sans symptômes pourront également se faire tester gratuitement, au sein des entreprises, des maisons de retraite ou des hôtels, par exemple.»

L’organisation approuve les crédits «malheureusement inévitables» pour le chômage et les RHT, elle met toutefois en garde concernant les mesures en cours: «Il serait clairement prématuré de prolonger le semi-confinement au-delà du mois de février.»

USS. Pour l'Union syndicale suisse, la hausse des crédits pour les cas de rigueur «est à saleur», mais s'agissant du chômage, le gouvernement arrive très, trop, tard:  «Le Conseil fédéral considère dans cette deuxième vague que les décisions économiques doivent être prises par le parlement, ce qui signifie que des milliers de chômeurs et chômeuses toucheront leurs dernières indemnités de l’assurance-chômage et se retrouveront ainsi en fin de droit avant qu’une décision ne tombe en mars.»


■ Esther Waeber-Kalbermatten: «Nous devons agir pour diminuer le nombre de nouveaux cas par jour»

Conseillère d'Etat valaisanne en charge de la Santé, Esther Waeber-Kalbermatten salue la décision de la Confédération de prendre en charge les coûts du dépistage des personnes non symptomatiques dans le cadre de plans de protection, par exemple dans les EMS, les hôtels ou au travail.

Pour la socialiste, cela permettra d'identifier plus tôt de potentiels porteurs du virus et ainsi éviter de nombreuses contaminations. Une aide d'autant plus importante à l'heure où le variant repéré en Grande-Bretagne, qui se propage plus rapidement, gagne du terrain en Suisse. «Pour éviter de nous retrouver dans une situation critique dans quelques semaines, nous devons agir pour diminuer le nombre de nouveaux cas par jour. Pour cela, il faut que le taux de reproduction dans le canton atteigne, idéalement, 0,6 contre plus de 1 désormais. Cela engendrerait une baisse des nouveaux cas journaliers de 120 actuellement à 50 ou 60.»


■ Sérieuse révision à la baisse pour les prévisions allemandes

Le gouvernement allemand abaisse ce mercredi à 3% ses prévisions de croissance pour 2021, moins qu'espéré il y a quelques mois .

La reprise se poursuit en 2021, mais avec moins de force

a affirmé le ministre de l'Economie Peter Altmaier qui tablait encore cet automne sur une croissance du PIB de 4,4%. L'économie allemande ne devrait retrouver son niveau d'avant-crise qu'à partir de «mi-2022».


■ Philippe Leuba: «On a évité une catastrophe avec les tests aux frontaliers»

Le ministre vaudois de l'Economie Philippe Leuba voit «quatre bonnes nouvelles» dans les annonces du Conseil fédéral. «Nous avions demandé une enveloppe supplémentaire de minimum 2 milliards de francs destinée au cas de rigueur, nous avons été entendus. L’extension de la période de chômage de 3 mois est la deuxième bonne nouvelle. Il faudra préciser si les trois mois sont rétroactifs ou pas... Les RHT vont également dans la bonne direction. Et finalement, on évite au canton une catastrophe administrative avec les tests PCR sur les frontaliers, le Conseil fédéral a été sage en écartant cette mesure inapplicable.»


■ Didier Trono sur les tests massifs: «Une excellente nouvelle»

Didier Trono, professeur EPFL et responsable de la plateforme «testing» de la task force scientifique, réagit à l'une des principales annonces du jour, le changement de doctrine du Conseil fédéral, qui encourage désormais – et paiera – les tests à grande échelle: «C'est une excellente nouvelle. Plus que le caractère incitatif, l'objectif de la mesure est de manière plus importante un objectif de santé publique: plus on testera, plus on aura de chance de contenir le virus.»

La Suisse effectue actuellement chaque jour un peu plus de 20 000 tests (antigéniques et PCR confondus). Grâce aux tests rapides proposés aux personnes asymptomatiques, elle va monter en capacité. Dans quelle mesure? «Tout dépendra des plans présentés par les cantons à l’OFSP, mais on pourrait monter à plusieurs centaines de milliers de tests par jour.»


■ Mesures sanitaires: les tests à larges échelles sont encouragés

Le Conseil fédéral a présenté ses nouvelles mesures ce mercredi après-midi.

Test à grande échelle. Le conseil fédéral décide de prendre à sa charge les tests de dépistage rapides à large échelle. C'est «une incitation» à pratiquer davantage de tests, note Alain Berset, car «nous n'avons pas fait assez de tests jusqu'ici». Surtout que contrairement à la situation de décembre, il y a maintenant suffisamment de tests. Le ministre de la Santé précise que même si les coûts sont «difficiles à planifier», il est prévu un milliard de francs pour cette mesure.

Les tests rapides pourront être menés sur place. Les résultats négatifs ne devront pas être annoncés. En cas de résultat positif, un test PCR devra être effectué. Les cantons devront présenter à l'Office fédéral de la santé publique un concept, précisant qui devra être testé, dans quel lieu, à quelle fréquence et avec quels tests, résume l'ATS.

Cette option est imaginée en pensant notamment aux EMS, aux hôtels ou aux entreprises (les Vaudois par exemple s'y préparent, lire plus bas). On peut penser à la récente expérience à Saint-Moritz, où les autorités ont mis deux prestigieux palaces en quarantaine et ont mené une campagne de dépistage de masse.

Quarantaines raccourcies. Comme l'a aient demandé les partenaires sociaux, les quarantaines pourront être raccourcies en cas de test négatif dès le 8 février. Une personne en quarantaine pourra effectuer à ses propres frais un test rapide ou PCR à partir du septième jour.

En cas de résultat négatif, elle pourra sortir de son logement, mais seulement à condition de porter un masque et de se tenir à 1,5m de toute autre personne jusqu'à la fin de la quarantaine prévue.

Vaccins dans les pharmacies. Le gouvernement accepte de prendre à sa charge les coûts de vaccination dans les pharmacies à partir du 1er février. Les cantons pourront ainsi intégrer les pharmacies dans leur plan.

Des amendes d'ordre, à nouveau. A partir du 1er février, certaines infractions aux mesures édictées par la Confédération seront punissables d'une amende. Prendre les transports sans masque ou participer à des manifestations non autorisées sera notamment amendable. Selon le délit, entre 50 et 200 francs devront être déboursés.


■ Aides économiques: le montant des aides pour les cas de rigueur va doubler

Cas de rigueur. Le Conseil fédéral annonce le doublement de l’enveloppe prévue pour les cas de rigueur, qui passera de 2,5 à 5 milliards de francs. La Confédération devrait assurer les deux tiers de la somme, les cantons comblant le reste.

Le gouvernement ne juge pas nécessaire de demander de nouveaux crédits covid. Il estime que le programme pour les cas de rigueur «constitue actuellement l’outil le mieux approprié pour atténuer de manière ciblée les effets négatifs du coronavirus sur l'économie», notamment parce que «la majorité des entreprises fortement touchées sollicite des contributions à fonds perdu et non des crédits».

Guy Parmelin, chargé de l'Economie, tente de prévenir toute polémique en assumant le fait que «des mesures simples et claires ne sont pas possibles dans une démocratie comme la Suisse», et en mettant en avant les nécessaires arbitrages, ainsi que les décisions du parlement et, cas échéant, du peuple.

De nouveaux crédits covid. Cependant, le collège relève qu’il devient nécessaire de tenir compte des «besoins des petites et moyennes entreprises (PME) qui n'ont pas bénéficié de crédit COVID-19 lors de la première vague», raison pour laquelle il veut préparer un nouveau programme de crédits.

Chômage. Le Conseil fédéral veut agir sur le front du chômage aussi, où la situation se détériore sur le plan national. Il annonce une «prolongation de trois mois de la durée du droit aux indemnités journalières des personnes au chômage pour que la situation difficile dans laquelle ces dernières se trouvent ne les désavantage pas sur le marché suisse du travail».

En outre, les coûts liés aux RHT seront à nouveau pris en charge par la Confédération. Pour ce faire, le gouvernement admet que l’assurance chômage dépasse son plafond d’endettement. Pour que celle-ci assure son rôle de «stabilisateur conjoncturel», le gouvernement ajoute 6 milliards.


■ Le Valais ouvre ses centres de vaccination mardi prochain

Le Conseil d'Etat valaisan annonce que «les centres de vaccination contre le COVID-19 ouvriront à Brigue, Sion, Martigny et Collombey-Muraz dès le 2 février, en complément des vaccinations effectuées dans les cabinets médicaux.

Vendredi passé, le gouvernement valaisan a tiré la sonnette d'alarme à propos du nombre de fioles, affirmant être déjà au bout de son stock.

Il précise ainsi ce mercredi: «En raison d’une disponibilité limitée des doses de vaccins, [les centres] seront ouverts un après-midi par semaine dans un premier temps, avec chacun une capacité de 100 vaccinations par demi-journée. La priorité sera accordée aux personnes à risque dont le médecin traitant ne pratique pas la vaccination.»


■ Confusion autour de la tenue d'une réunion entre AstraZeneca et l'UE 

Le laboratoire pharmaceutique britannique, mis en cause en Europe pour des retards de livraison de son vaccin, a démenti s'être retiré d'une réunion organisée par l'UE ce mercredi, contrairement à ce qui avait été annoncé plus tôt par un haut responsable européen.

Bruxelles a vivement «contesté» les explications fournies par le PDG d'AstraZeneca Pascal Soriot mardi. Un haut responsable de l'UE a notamment décrié «l'idée que la production des usines britanniques serait réservée à des livraisons au seul Royaume-Uni».

Le groupe a été convoqué à deux reprises pour s'expliquer devant les Etats membres et la Commission européenne, qui négocie aux nom des Vingt-Sept. Ses justifications ont été jugées «insatisfaisantes« et une autre rencontre était donc prévue ce mercredi.


■ Des entreprises vaudoises prêtes à vacciner

La Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie a mené un sondage auprès de ses membres, en visant les sociétés de plus de 100 personnes.

Ce pointage montre que près de 70 entreprises affirment être disposées à organiser la vaccination dans leurs locaux. Et ce chiffre pourrait encore augmenter. Près de 28 000 employés pourraient potentiellement être vaccinés sur leur lieu de travail. Une liste des entreprises intéressées a été transmise aux autorités. Elle comprend notamment Bobst et Eldora.

Sur ces 70 entreprises qui se disent prêtes à vacciner, une quarantaine met déjà en place des programmes de vaccination contre la grippe. Et parmi les grandes entreprises, certaines disposent de cellules sanitaires ou d'infirmeries avec du personnel formé.


■ Vif débat à Neuchâtel sur la lenteur des vaccinations

A Neuchâtel le Grand Conseil tient séance ce mercredi. Plusieurs députés font part de leur mauvaise humeur, le canton ayant le plus mauvais ratio romand actuel.

Neuchâtel a été l'un des premiers en Suisse à ouvrir un centre de vaccination

a répliqué Laurent Kurth, conseiller d'Etat, en charge de la santé, que résume l'agence ATS. Le canton a choisi de démarrer plus lentement afin d'assurer un rythme régulier et de garantir une certaine sécurité. Il a aussi préféré miser en premier sur les personnes vulnérables, plutôt que de vacciner en EMS.

«Il y a une très grande instabilité actuellement dans la livraison des vaccins», se défend le conseiller d'Etat. Le canton assure pour l'instant pouvoir faire la 2e dose dans le délai imparti de trois à cinq semaines, ce qui n'est pas forcément le cas ailleurs en Suisse où la vaccination va devoir s'arrêter, par manque de vaccins.

Dès mars, si la livraison de vaccins ne pose pas de problème, le canton vaccinera 12 000 doses par semaine, 6000 pour la 1ère et 6000 pour la 2e. Actuellement, les équipes mobiles ont démarré en EMS et en fin de semaine 50% des résidents auront eu leur première dose, précise le conseiller d'Etat.

Voir notre tableau régulièrement mis à jour à ce propos:


■ Le Royaume-Uni devrait imposer une quarantaine à ses ressortissants de retour

Le gouvernement britannique doit annoncer ce mercredi un durcissement des mesures aux frontières pour éviter l'importation de cas de nouveau coronavirus.

Les voyageurs arrivant au Royaume-Uni doivent jusqu'à présent disposer d'un dépistage négatif et observer 10 jours de quarantaine. La ministre de l'Intérieur, Priti Patel, s'exprimera à la Chambre des communes, chambre basse du parlement, en début d'après-midi.

Selon la BBC, Priti Patel annoncera que les Britanniques et résidents au Royaume-Uni arrivant en Angleterre de pays très touchés par les variants du Covid-19, parmi lesquels de nombreux pays d'Amérique du Sud, l'Afrique du Sud et le Portugal, devront observer leur quarantaine dans des hôtels spéciaux, à leurs frais. Les arrivées depuis ces pays sont déjà interdites aux non résidents.


■ Sanofi se fait sous-traitant

Le laboratoire français Sanofi va produire le vaccin contre le Covid-19 de ses concurrents Pfizer-BioNTech au second semestre, «une première» dans le secteur de l'industrie pharmaceutique, vient d'affirmer Olivier Bogillot, patron France du laboratoire sur la radio RTL, tout en défendant la stratégie de son groupe.

Sanofi annonce ce mercredi matin qu'il donnera au groupe américain Pfizer et à la biotech allemande BioNTech l'accès à son outil de production à partir de l'été 2021. Dans ces conditions, Sanofi «prendra en charge les dernières étapes de la fabrication pour fournir plus de 125 millions de doses de vaccin Covid-19 pour l'Union européenne», selon son communiqué.

Un vaccin de Sanofi était annoncé pour l'été 2021, mais la société a essuyé un revers après des essais cliniques décevants. Elle parle maintenant de la fin de l'année.


■ Le moral des consommateurs allemands chute, celui des Français aussi

Allemagne. Cet indicateur, assure l'agence AFP qui évoque le sujet, est très scruté: il reflète l'humeur des allemands à consommer ainsi que leurs perspectives sur la conjoncture et les revenus. Basé sur un sondage de 2000 personnes, le baromètre GFK, publié ce mercredi, tombe à -15,6 points, 8,1 de moins qu'en janvier, révisé à -7,5 par l'institut. Il était tombé en mai à -23, son plus bas historique.

Rolf Bürkl, de GFK, relève: «La fermeture de la gastronomie et d'une grande partie des commerces a frappé l'envie de consommer aussi fortement que lors des premières restrictions du printemps l'année dernière».

France. En France, l'Insee, qui publie ce jour une analyse comparable, le moral des ménages s'est nettement replié en janvier après avoir rebondi en décembre. L'institut de statistiques relève que la part des ménages qui veulent épargner se rapproche de son plus haut niveau historique.

«L'opportunité de faire des achats importants» est en «nette baisse», tandis que celle d'épargner est «en très forte augmentation», précise l'Insee.


■ Nuit calme aux Pays-Bas

Une forte présence policière dans différentes villes des Pays-Bas semblait mardi soir avoir empêché de nouveaux troubles, après trois nuits de violentes émeutes qui ont secoué le pays depuis l'instauration d'un couvre-feu samedi.

De nombreux policiers avaient été déployés notamment à Amsterdam, Rotterdam et La Haye, craignant la présence d'autres émeutiers venus défier le couvre-feu, imposé pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Un «grand groupe de jeunes hommes» s'est brièvement rassemblé dans un quartier de la capitale néerlandaise, allumant des feux d'artifice, a indiqué la police. Le groupe a toutefois été rapidement dispersé, selon les médias néerlandais.

Notre article: Aux Pays-Bas, le virus sert de prétexte à la violence