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Dans Caracas la déchaînée

Au lendemain du soulèvement militaire en faveur de Juan Guaido, qualifié de «tentative de coup d’Etat» par Nicolas Maduro, l’opposition et les chavistes se sont retrouvés dans la rue pour le 1er mai, dans de violents affrontements. Reportage au cœur de la capitale du Venezuela

Dans le quartier d’Altamira, à l’est de Caracas, des débris de verre et des pneus brûlés jonchent encore le sol. La veille, les affrontements entre partisans de l’opposition et forces de l’ordre se sont poursuivis jusqu’à la nuit tombée, faisant des dizaines de blessés. Et pourtant ce matin de 1er mai, comme si de rien n’était, alors que les trottoirs sentent encore les gaz lacrymogènes, les manifestants fidèles à Juan Guaido réinvestissent les rues à l’appel de leur leader. Il a annoncé «la plus grande manifestation de l’histoire du Venezuela».

La place Altamira n’est que l’un des quatorze points de concentration de Caracas, mais il y a déjà beaucoup de monde. «C’est normal, ici c’est le foyer historique de l’opposition, explique Ricardo, venu avec sa femme. Mais il devrait y avoir plus du monde…» Pourtant la place déborde déjà de personnes venues exprimer leur rejet de Nicolas Maduro. Aucun ici n’a été refroidi par ce blindé, la veille, qui n’a pas hésité à foncer sur les manifestants, ni par ces rafales d’armes automatiques qui ont résonné entre les gratte-ciel du quartier.