La vidéosurveillance a révélé que Carlos Ghosn avait quitté seul dimanche dernier sa résidence à Tokyo, selon des sources proches de l'enquête citées vendredi par des médias japonais. Captées dimanche vers 12 heures (4 heures en Suisse), ce sont les dernières images de l'ancien patron de Renault et Nissan à avoir été saisies par une caméra placée près de l'entrée de son domicile pour surveiller ses entrées et sorties, selon la chaîne NHK.

C’était au mois d’avril dernier. La question d’une mise en liberté surveillée de Carlos Ghosn avait à cette époque provoqué un vaste débat au Japon, opposant notamment les juges au parquet ainsi qu’à une bonne partie de la presse. Mais les juges n’avaient pas cédé.Deux éléments semblaient en effet décisifs à l’heure de dissuader l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi de s’enfuir de l’Archipel: d’abord, l’opprobre définitif qui se serait abattu sur celui qui, jusqu’au dernier moment, avait toujours clamé son innocence devant la justice, alors qu’il devait faire face à quatre inculpations pour malversations financières.

Le second élément, lui non plus, n’était pas négligeable, aux yeux des responsables japonais: le montant cumulé des cautions exigées à l’ancien PDG s’élevait ainsi à quelque 12 millions d’euros. De quoi hésiter avant de prendre la fuite et d’abandonner sans doute cette somme à jamais.Pourtant, ces deux éléments n’ont pas suffi. L’invraisemblable cavale qui a permis à Carlos Ghosn de rejoindre le Liban lundi dernier provoquera sans doute un tour de vis supplémentaire en termes de sévérité de la justice japonaise. Mais d’ici-là, de vastes zones d’ombre subsistent.