L'ex-président argentin Carlos Menem a obtenu une nouvelle semaine de répit de la Justice de son pays qui souhaite l'entendre sur les conditions d'attribution sous sa présidence du contrat de construction de deux prisons, a indiqué lundi le juge Jorge Urso, chargé du dossier. Le magistrat a accepté de repousser la convocation, prévue initialement pour ce mardi, au 21 avril, afin que soient «garantis les droits légitimes de la défense».

Carlos Menem, 73 ans, qui a dirigé le pays entre 1989 et 1999, réside actuellement au Chili auprès de sa femme de nationalité chilienne, une ancienne Miss Univers, et de son fils de 5 mois. Il a d'ores et déjà fait savoir qu'il ne se rendrait pas à la convocation du juge, refusant de franchir la Cordillère des Andes sans garantie d'un «procès juste», a indiqué le quotidien «Clarin». L'ex-président a également admis craindre d'être placé en détention. «J'ai déjà été détenu injustement durant six mois, cela suffit», a-t-il dit en référence à une autre affaire instruite par le juge d'Urso, qui porte sur des ventes illégales d'armes vers l'Equateur et la Croatie.

Réalisées entre 1991 et 1995 malgré un embargo de l'ONU, les transactions pourraient avoir des ramifications bancaires en Suisse. Des demandes d'entraide judiciaire ont été déposées auprès de l'Office fédéral de la justice (OFJ). Une délégation de juges argentins était venue à la mi-février à Berne.

Asile politique au Chili?

C'est la seconde fois ces dernières semaines que la justice argentine soulève la menace d'une demande d'extradition à l'encontre de l'ancien président. Le juge Norberto Oyarbide l'avait ainsi convoqué le 1er avril dernier dans le cadre de son enquête sur un compte de 600 000 dollars auprès de UBS en Suisse, non déclaré au fisc.

Dans un premier temps, Carlos Menem a refusé de répondre à la convocation en invoquant une fracture à l'humérus contractée en pratiquant le golf, qui l'empêcherait de quitter Santiago durant quelques mois. Les juges ne sont pas entrés en matière sur les certificats médicaux.

Par le biais de la presse chilienne, des ballons d'essai ont été lancés la semaine dernière sur les possibilités pour l'ancien président de recevoir l'asile politique au Chili. Le cas de figure a été écarté par Francisco Vidal, le ministre secrétaire du gouvernement chilien, les deux pays andins étant «des Etats de droit», selon lui.