Dix-sept nouveaux corps ont été découverts mardi, portant à 39 le nombre de personnes abattues par des hommes armés dans le sud des Philippines, probablement dans le cadre d’un règlement de comptes entre clans rivaux, selon un nouveau bilan annoncé par la police.

Les 17 corps ont été retirés d’une unique fosse commune à côté du village de Saniag, dans la province de Maguindanao, a déclaré le chef régional de la police, Josefino Cataluna. «Ils étaient empilés les uns sur les autres, comme s’ils avaient été enterrés à la hâte», a-t-il précisé à des journalistes sur place. Vingt-deux autres corps avaient été découverts lundi dans un autre endroit.

Les 39 morts faisaient partie d’un groupe d’une quarantaine de personnes, dont des journalistes et des élus, enlevées par des hommes armés, dans la province de Maguindanao, sur l’île de Mindanao. Le bilan de la tuerie pourrait encore s’aggraver, selon le chef national de la police, Jesus Verzosa, qui s’est rendu sur place pour superviser les recherches.

«Nous devons encore inspecter une autre fosse commune présumée», a-t-il dit. «D’autres corps pourraient être découverts sur cette zone».

La présidente des Philippines, Gloria Arroyo, a décrété mardi l’état d’urgence dans une partie de l’île. Les victimes abattues, dont au moins 14 femmes, ont été découvertes le corps criblé de balles.

Selon des proches des victimes, le massacre a été organisé par le clan de l’actuel gouverneur de la province qui dispose de sa propre milice privée et voulait empêcher un rival de se porter candidat à des élections prévues l’an prochain.

Les règlements de comptes et les violences entre clans rivaux, qui disposent de milices privées, ne sont pas rares dans le sud des Philippines, également théâtre d’un conflit entre l’armée et les rebelles séparatistes musulmans.