Ces insurgés islamistes sont responsables d’une vague sans précédent d’attentats suicide et d’attaques commando qui ont fait près de de 3200 tués au total en un peu plus de deux ans et demi dans tout le pays. «Nous avons reçu les cadavres de 38 personnes et plus de 100 blessés», a dit Wakeel Ahmed, directeur de l’hôpital le plus proche.

«Pour l’heure, les indices tendent à montrer qu’il s’agit d’un attentat suicide», a indiqué le chef de la police de la région de Malakand (nord-ouest), Qazi Jamil. L’attentat a été perpétré à Timargarah, la ville principale du Lower Dir, l’un des district de Malakand, lors d’un meeting en plein air du Parti national Awami, le mouvement laïc majoritaire et qui dirige l’Assemblée et l’exécutif de la province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP).

Tirs et explosions

A Peshawar, cinq explosions ont été entendues, selon un responsable sécuritaire et des témoins. Aucun bilan de victimes n’était disponible dans l’immédiat. Ces attaques sont intervenues peu après un attentat qui a fait au moins 38 tués plus au nord. Les causes des explosions n’étaient pas encore révélées, a dit un officier des services de sécurité sous couvert de l’anonymat. Les télévisions montraient une épaisse colonne de fumée noire au-dessus d’un quartier militaire de Peshawar, qui abrite également le consulat américain.

Militaires évoqués

Un responsable des service de renseignements a indiqué que l’armée soupçonnait que des assaillants s’étaient retranchés dans la zone attaquée, bouclée par les forces de sécurité. Les télévisions montraient également des militaires en train de progresser vers la zone et tirant. Il n’y a officiellement plus de personnel américain au consulat des Etats-Unis à Peshawar depuis plus d’un an, quand la ville était au coeur des attaques les plus meurtrières.

Consulat, armée ou encore police

«J’ai entendu trois puissantes explosions», a dit l’officier des services de sécurité, sans pouvoir dire s’il y avait ou non des victimes. Des habitants ont assuré avoir entendu cinq explosions. «Dans ce quartier, il y a des postes de police, le consulat américain mais aussi des bâtiments militaires et d’autres installations sensibles», a encore ajouté l’officier. Les militaires et les policiers sont les cibles les plus fréquentes des attaques des talibans, qui font aussi de nombreuses victimes civiles.

Les talibans revendiquent

Un porte-parole des talibans du Pakistan, alliés à Al-Qaida, a revendiqué l’attaque suicide déjouée lundi contre le consulat des Etats-Unis à Peshawar (nord-ouest). Six personnes ont été tuées dans cet attentat. «Nous revendiquons l’attaque du consulat américain, en représailles des attaques des drones» américains, qui tirent quasi-quotidiennement des missiles dans le nord-ouest du Pakistan sur les fiefs talibans et d’Al-Qaïda, a déclaré Azam Tariq.

Dix à 15 assaillants lourdement armés ont tenté de pénétrer de force dans la matinée dans l’enceinte du consulat pourtant fortement gardé, dans un quartier militaire, selon la police. Un premier kamikaze a fait exploser la bombe qu’il portait sur lui à un poste de contrôle routier à l’entrée des installations de la représentation américaine avant de déclencher un tir nourri de riposte des policiers et militaires pakistanais de faction.

Quatre rebelles tués

Il y a eu d’autres explosions et des échanges de tirs mais personne n’a réussi à y pénétrer, selon la police, qui a assuré que quatre assaillants avaient été tués ainsi qu’un policier et un homme non identifié. «Nous disposons de 2800 à 3000 fedayine («ceux qui se sacrifient) nous allons commettre davantage de ce type d’attaques, nous viserons tous les lieux où se trouvent les Américains», a promis le porte-parole du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP).

Le TTP est le principal mouvement taliban pakistanais, qui a fait allégeance en décembre 2007 à Al-Qaida et décrété, à l’été de la même année, à l’unisson d’Oussama ben Laden en personne, le jihad («guerre sainte») contre Islamabad pour son alliance avec les Etats-Unis dès fin 2001.