Réaffirmant ses doutes quant à la toxicité de l'uranium appauvri et sa volonté de mettre fin aux spéculations largement répandues à ce sujet, l'OMS a toutefois décidé de mener une enquête sérieuse sur l'effet de ces munitions dans le Golfe et les Balkans. Elle vient de lancer un appel de fonds pour 2 millions de dollars sur les 20 millions qu'elle espère récolter au total pour ses études dans ces régions. On prie donc pour que le résultat de ces études soit négatif et que l'uranium appauvri ne soit qu'un doux pollen bienfaisant pour les bronches humaines. Parce que si ce métal vaporisé devait s'avérer toxique, c'est par milliards qu'il faudrait chiffrer les opérations de nettoyage des zones contaminées.

Le doute sur la nocivité de nos hôpitaux n'est, hélas, quant à lui plus permis. Après l'hôpital parisien flambant neuf qui véhiculait la fièvre du légionnaire, l'hôpital bernois qui confondait le glucose pour enfants avec un poison mortel, le tessinois qui amputait le malade de la fausse jambe et l'autrichien qui vient d'installer un stimulateur cardiaque à un homme pétant de santé, voici que les responsables britanniques de la santé confirment cette impression: un patient hospitalisé sur dix voit son état empirer à cause d'une erreur médicale et 850 000 habitants du Royaume-Uni sont victimes chaque année d'un «acte inapproprié nocif» pendant leur séjour à l'hôpital. Coût estimé de ces négligences: 2 milliards de livres par an pour les frais d'hospitalisation supplémentaires et 500 millions de livres de frais cliniques.

Vladimir Petrovsky est content. Kofi Annan vient de le reconfirmer pour un an au poste de directeur général des Nations unies à Genève. Nommé vice-ministre des Affaires étrangères par Mikhaïl Gorbatchev en 1986, M. Petrovsky fut nommé secrétaire général adjoint des Nations unies en 1992, puis directeur du siège genevois et secrétaire général de la Conférence du désarmement en 1993. Né à Volgograd (Stalingrad) en 1933, M. Petrovsky est actuellement le Russe qui occupe les plus hautes fonctions dans le système des Nations unies.

Notre confrère Walter Acosta est aussi content. Il vient de recevoir le prix Cas de las Americas à La Havane pour sa pièce de théâtre Le scorpion et la belette, une farce en trois tableaux et une sortie de l'histoire «par la petite porte» qui raconte la saga judiciaire d'un ancien dictateur latino-américain emprisonné pendant cinq cent trois jours en Angleterre. Toute référence à des personnes existant réellement telles que Pinochet et Margaret Thatcher relèverait de la pure coïncidence ou de la malveillance du lecteur. D'origine uruguayenne, Walter Acosta vit à Genève depuis 1992 où il a notamment travaillé pour Radio Suisse Internationale. Il a déjà signé sept mises en scène et espère maintenant créer sa pièce en Suisse.