Le 20 mars n'est pas seulement la veille du printemps, c'est d'abord la Journée internationale de la francophonie. Cette année, cette date a donné lieu à une série impressionnante d'événements. C'est le grand patron de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) lui-même, le Sénégalais Abdou Diouf, qui a ouvert les feux en se rendant au siège du CIO à Lausanne, le 10 mars dernier, pour rappeler au président Jacques Rogge que la charte olympique imposait le français comme langue de référence du mouvement sportif. Une mission utile suite à l'omniprésence de l'anglais et aux défaillances constatées aux derniers JO d'Athènes, et une sage précaution avant les JO de Turin 2006 et de Pékin 2008.

Les 175 millions de personnes et le million et demi de Romands qui parlent le français dans le monde sont donc censés fêter leur langue. En Suisse romande, une douzaine de manifestations ont été prévues, dont un débat à Neuchâtel et un à Genève, destinés à mettre en valeur les nombreux protagonistes suisses de la francophonie, de Jean-Pierre Vettovaglia, ambassadeur auprès de l'OIF, à Jean Studer, qui représente nos élus auprès de l'Assemblée parlementaire de la francophonie, en passant par Daniel Favre, président de l'Association suisse des journalistes francophones. La remise du prix de poésie Louise Labé par un jury entièrement féminin sera aussi l'un des points d'orgue de cette riche semaine. Petit succès à mentionner au passage: le Haut-Commissariat aux réfugiés, bastion réputé de l'anglophonie, ouvre une brèche et projette d'ouvrir un site internet en français à la fin du mois.

«La paix domine la force», la devise de la Société des Nations, orne le frontispice du livre richement illustré que Marit Fosse, l'éditrice du magazine Diva, vient de publier sur l'histoire de cette «institution moderne oubliée». L'ouvrage rappelle les grandeurs et misères de l'ancêtre des Nations unies et donne une large part aux caricatures et dessins de presse qui ont jalonné l'histoire tourmentée de l'institution genevoise.

La 61e Session des droits de l'homme bat son plein. Avec autant d'effervescence mais plus de discrétion que d'habitude, la Place des Nations étant fermée aux manifestants pour cause de travaux. Parmi les nombreux ministres et secrétaires d'Etat présents, un homme a particulièrement retenu l'attention lors de son passage à Genève: le ministre des Affaires étrangères «orange» d'Ukraine. Ministre du régime Koutchma, démissionnaire pour divergence d'opinion en 2000, élu député de l'opposition, Borys Tarasyuk a retrouvé son poste le 4 février dernier et a défendu avec beaucoup de conviction la révolution de décembre et la naissance d'une Ukraine démocratique.