La venue du dalaï-lama à Genève du 7 au 10 août met décidément les autorités suisses sous pression. Depuis la boulette de Ruth Dreifuss à l'occasion de la visite du président chinois à Berne en mars dernier, le sujet est hautement sensible. On se passe le saint homme comme une patate chaude. Il n'aura droit à aucune réception officielle. Le comité des Fêtes de Genève a dû passer le témoin à un comité d'accueil ad hoc présidé par Sadruddin Aga Khan. Même son asile à la cathédrale de Genève est contesté par certains calvinistes chatouilleux.

A Berne, on s'inquiète et on se demande déjà comment réparer les dégâts. C'est Pascal Couchepin qui aura la mission de recoller les pots cassés au cours d'une visite économique en novembre prochain. Et dire que malgré toutes ces prudences de Sioux le curieux homme en toge rouge ne cesse de fasciner des milliers et des milliers de gens.

La Chine, il est vrai, passe par une période de froidure. En plus de ses traditionnels démêlés avec le dalaï-lama, son économie faiblit, son ambassade à Belgrade est bombardée et le conflit avec Taïwan s'envenime à nouveau. Taipei insiste pour qu'on la considère comme la capitale d'un pays à part entière. Son représentant à Genève, Michel Chinglong Lu, discret mais entreprenant directeur de la Délégation culturelle et économique de Taipei à Genève, aura fort à faire pour transformer son bureau culturel en mission permanente dûment accréditée…

Si le droit d'ingérence humanitaire semble avoir marqué quelques points dans le discutable bombardement de la Yougoslavie, la lutte contre le crime environnemental fait aussi des progrès. Le Programme des Nations unies pour l'environnement vient de tenir un forum sur cette question à Genève, grâce à un substantiel soutien britannique. Il y a crime environnemental, font observer les experts, lorsqu'il y a violation délibérée des accords internationaux et des lois nationales de protection de l'environnement. Actuellement ces crimes peuvent être de trois ordres: trafic illégal d'espèces animales en danger (Convention CITES), dissémination de produits qui détruisent l'ozone et transgression des règles en matière de déchets toxiques.

Depuis la conférence de Copenhague en 1995, la lutte contre la pauvreté redevient un leitmotiv des Nations unies. C'est le thème retenu par la réunion de l'Ecosoc, le Conseil économique et social, qui se déroule ces jours-ci à Genève. De son côté, le PNUD, qui vient de publier son rapport sur le développement humain, constate des progrès mais s'inquiète fortement du fossé croissant entre riches et pauvres en matière d'Internet et d'autoroutes de l'information.

Il faut donc espérer que l'assemblée extraordinaire des Nations unies, qui aura lieu exceptionnellement à Genève en juin 2000 et qui est consacrée à ce thème, pourra infléchir le cours des choses dans le bon sens.

Puisque les catastrophes font vendre, parlons-en. Six cents experts de 120 pays se sont réunis à Genève début juillet pour conclure «la décennie internationale de la prévention des catastrophes» naturelles. Avec un constat préoccupant de Kofi Annan: «Durant les années 90, le coût des catastrophes a été neuf fois plus élevé que dans les années 60.» Voilà pour la nature.

Quid des catastrophes humaines? Le 13 juillet, l'Ecosoc, toujours elle, a établi que le nombre de crises humanitaires est de 20 à 25 en moyenne par année, un chiffre à comparer avec les 65 à 70 crises qui ont eu lieu au cours des quinze dernières années. Le nombre de gens concernés par les situations humanitaires d'urgence augmente d'environ 10 millions par an. Et rien ne laisse penser que cette tendance s'inversera bientôt, poursuit le communiqué catastrophiste. Comme le dit si bien Philippe Meyer sur France-Inter: «Décidément le progrès fait rage.»

Une bonne nouvelle: les radars ne tuent pas, estime une étude de l'OMS. «Les chercheurs n'ont trouvé aucune preuve que l'exposition répétée à des champs RF au-dessous des valeurs seuils produise un effet indésirable quelconque sur la santé. Il n'y a pas d'effet cumulatif sur les tissus du fait d'expositions répétées à des RF de faible intensité», explique-t-on dans le jargon maison. Que se passe-t-il en cas de «forte intensité»? On ne sait. Mais ne cherchons pas la petite bête et évitons simplement d'aller bronzer en face d'un radar.