Les francophones de l'OMS grincent des dents. Depuis son accession à la direction de l'Organisation mondiale de la santé en été 1998, la nouvelle directrice norvégienne, le Dr Gro Harlem Brundtland, a fait la chasse aux francophones, arabophones et autres russophones pour placer des anglophones. Est-ce parce qu'elle cherche à plaire aux Américains? (La rumeur dit qu'elle se verrait bien être la première femme à prendre les rênes des Nations Unies quand Kofi Annan sera fatigué.)

Voyez plutôt: sur les 54 hauts dirigeants confirmés à leur poste (directeurs exécutifs, conseillers, etc.), quatre pays totalisent 20 ressortissants (Etats-Unis 9, Australie 4, Grande-Bretagne 4 et Norvège 3). Les 19 pays hispanophones n'ont que deux représentants, de même que les 22 pays arabophones. Les 15 pays de la CEI (ex-Union soviétique) et les 11 pays d'Europe de l'Est n'ont aucun membre.

Quant aux 52 pays francophones, ils comptent en tout et pour tout 6 représentants (trois Français, une Tunisienne et deux Flamands qui ne parlent pas le français!). Les autres dirigeants viennent de l'Asie et de l'Afrique anglophone. Cherchez l'erreur.

S'exprimant à l'occasion de la 55e session de la Commission des droits humains (ne dites plus droits de l'homme), le rapporteur spécial pour la Yougoslavie, l'ancien ministre des Affaires étrangères tchèque Jiri Dienstbier a qualifié les bombardements de l'OTAN en Serbie de «plus grande erreur depuis la guerre du Vietnam». Appelant à une solution politique et évoquant ses vingt ans d'expérience de dissident anticommuniste, le rapporteur a également dénoncé les méfaits de l'Occident lorsqu'il cherche à faire le bien et qui, depuis dix ans, n'a fait que renforcer Milosevic. Il a aussi rappelé que seule une vraie guerre terrestre pourrait amener la défaite du régime serbe et que rien n'a été prévu pour les réfugiés kosovars.

Il est vrai que les Nations unies, dont le Conseil de sécurité n'a même pas été consulté par l'OTAN, font triste figure. Le silence de Kofi Annan est frappant et le HCR a dû admettre que son personnel n'avait pas été informé de la décision de bombarder la Serbie et le Kosovo. Résultat: rien n'a été prévu pour accueillir les milliers de réfugiés que ces frappes allaient immanquablement provoquer.

Membres tout frais de l'OTAN, la Tchéquie et la Pologne ont vite vu où le vent soufflait. A la dernière conférence sur le désarmement, en mars, ils quittaient le groupe de l'Est pour embrasser la cause occidentale le jour même de leur admission à l'organisation militaire. Et deux semaines plus tard, ils proposaient à la Commission des droits humains une résolution sur Cuba que le délégué américain s'empressait de saluer…

Record des patentes enregistrées à l'OMPI en 1998. Le nombre de brevets internationaux déposés chaque année auprès de l'organisation genevoise croît de façon exponentielle: 459 en 1978, 11 996 en 1988, 67 007 en 1998. Kamil Idriss, le nouveau directeur général de l'OMPI, a fait observer que ces records étaient le fait des pays industrialisés, mais que les pays émergents commençaient à s'y mettre avec enthousiasme. Les Etats-Unis, avec 42,3% des brevets déposés (Allemagne 13,6%, Japon 9,1%, Royaume-Uni 6,5% et France 5%) dominent largement le peloton. La Suisse, avec 1001 brevets déposés, a vu sa «part de marché» diminuer de 2% en 1997 à 1,9% en 1998.

L'OMC à la peine, l'UIT à la fête. Autant la succession de Renato Ruggiero à la tête de l'Organisation mondiale du commerce se fait dans la douleur, autant le passage du témoin aux commandes de l'Union internationale des télécommunications s'est passé en douceur. Le Japonais Yoshio Utsumi a donc remplacé le Finlandais Pekka Tarjanne depuis le 1er février. Main de fer dans un gant de velours, il a nommé sa nouvelle équipe, s'adjoignant le concours du Brésilien Roberto Blois et trois directeurs provenant de Chine, du Canada et du Mali. Le nouveau patron des télécoms mondiales est sur un nuage. L'annexe de l'UIT en bordure de la place des Nations est en voie d'achèvement et l'exposition Télécom 99 (10-17 octobre 1999) bat tous les records: 90 000 m2 de stands ont déjà été loués à Palexpo par Lily Rison, la grande maîtresse de Télécom 99 à l'UIT. Palexpo ne sait plus où donner de la tête, le Palais Beaulieu ayant refusé de déplacer les dates du Comptoir pour accueillir des exposants dont certains budgets dépassent les 20 millions de francs.