«Voir, c'est croire» à la possibilité de guérir les maladies de la vue. C'est avec ce slogan volontariste et un brin obscur que l'Agence internationale pour la prévention de la cécité et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont lancé le rapport Vision 2002 dans le but d'attirer l'attention du public et des autorités sur des maladies qui ne tuent pas mais affectent 45 millions d'aveugles et 135 millions de malvoyants dans le monde. Toutes les cinq secondes, un être humain perd la vue et chaque minute un enfant devient aveugle, ont rappelé Mike Whitlam et le Dr Derek Yach à l'occasion de la 3e journée mondiale de la vue. Un drame tout à fait évitable puisque 80% des cas de cécité pourraient être traités par une prophylaxie figurant au nombre des actes médicaux les moins chers qui soient.

L'ancien ambassadeur de Suisse à Paris, Vienne et Bruxelles notamment, Bénédict de Tscharner, vient de publier un livre de témoignage: Profession ambassadeur (chez Cabédita). Il raconte par le menu son expérience à l'hôtel particulier que l'abbé Chanac de Pompadour fit construire en 1704 dans ce qui est devenu la prestigieuse rue de Grenelle à Paris. On y apprend une foule de détails sur les grandeurs et les petites misères du service diplomatique helvétique en terres françaises. Un document précieux pour le nouvel hôte des lieux, l'ancien patron de la mission suisse à Genève, François Nordmann, et pour la bibliothèque du Musée des Suisses de l'étranger, au Château de Penthes à Genève, présidé depuis un mois… par Bénédict de Tscharner précisément!

Un an après son passage à Genève, la présidente de Lettonie, Vaira Vike-Freiberga, a été reçue à Berne en visite d'Etat. Kaspar Villiger a honoré son homologue de Riga en soulignant que la Lettonie était «l'un des symboles de la nouvelle Europe». La Suisse entretient en effet des liens étroits avec les pays Baltes, depuis qu'elle fut l'un des premiers Etats à les reconnaître en 1921, et soutient notamment leurs efforts en matière de politique de sécurité (Baltic College Defense, à Tartu, et Centre de Genève pour la politique de sécurité). Mettant une pointe d'humour à son voyage, Mme Vike-Freiberga, farouchement anticommuniste et plutôt anti-russe, a tenu à se rendre à Castagnola, au Tessin, pour honorer la mémoire d'un Letton exilé par le tsar et sympathisant de Lénine, le grand poète Janis Rainis, qui y vécut quinze ans.

La Suisse à peine entrée à l'ONU, voici que le siège de Genève accueille l'une des premières réunions du Global Compact, ce partenariat avec les grandes multinationales que Kofi Annan a lancé dans le but d'associer les grandes entreprises à la cause des Nations unies et de les inciter à investir dans le développement des pays les moins avancés. Peter Brabeck-Letmathe, patron de Nestlé, était de la partie. Plusieurs ONG ont immédiatement riposté et dénoncé la collusion entre le «grand capital» et l'ONU. Qui utilise qui, ont-elles demandé? C'est qu'en coulisses se livre une bataille impitoyable, une concurrence féroce pour les subventions et la reconnaissance médiatique. Entre ONU, gouvernements nationaux, ONG et secteur privé, on se courtise, s'allie et se bat suivant les besoins. Et il ne faudrait surtout pas que Kofi Annan réussisse trop bien son coup avec les privés…

A défaut de rallier toutes les ONG, Kofi Annan peut au moins compter… sur George Bush! A l'occasion de la journée des Nations unies le 24 octobre, qui célébrait le 57e anniversaire de l'organisation, le chef de la Maison-Blanche a en effet solennellement rappelé que les Etats-Unis en furent l'un des éminents membres fondateurs en 1945 et qu'ils désiraient sincèrement que «les Nations unies réussissent». En particulier en ce qui concerne la résolution contre l'Irak, a-t-il quand même ajouté. Un soutien ferme, certes, mais qui montre la voie à suivre…