Contrairement aux pronostics pessimistes des médias, volontiers sceptiques quand on cherche à leur vendre du positif, il est possible que le Sommet mondial de la société de l'information accouche plus que d'une petite souris. En effet, à l'initiative du président sénégalais Abdulaye Wade et de la Ville de Genève, un nouveau mécanisme de financement du développement, baptisé «principe de Genève», est en passe d'être mis en œuvre pour alimenter le Fonds de solidarité numérique en gestation depuis quinze mois: en un mot, les collectivités publiques partenaires du fonds s'engagent à lui verser 1% du montant des marchés publics relatifs aux technologies de l'information (achat d'ordinateurs par exemple), pour-cent payé par les fournisseurs sur leur marge.

Ce principe sera confirmé avec force lors du lancement officiel du Fonds mondial pour la solidarité numérique le 14 mars prochain à Genève. Coprésidé par le Sénégalais Amadou Top et le Genevois Guy-Olivier Segond, fort de 17 membres fondateurs regroupant toutes les formes de collectivités publiques, des villes aux Etats en passant par les régions et les organisations internationales, le fonds sera inauguré par le président en exercice de l'Union africaine, le Nigérian Olegun Obasanjo, en présence notamment du président Wade, de Micheline Calmy-Rey et Michel Barnier, et du secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications, M. Utsumi. De quoi rassurer le patron du comité préparatoire, l'ambassadeur Janis Kärklins, et les responsables de l'Ofcom, qui craignaient que ce fonds, dont le siège est à Genève, manque de soutien international et donne un prétexte aux participants du Sommet de Tunis pour en faire le moins possible.

Depuis le début de l'année, Sergei Ordzhonikidze, le directeur général des Nations Unies à Genève a un nouveau chef de cabinet. En principe, la nouvelle n'a pas de quoi bouleverser les chaumières helvétiques, si ce n'est que, précisément, le nouveau chef de cabinet est… un Suisse! Originaire d'Irak, Ala Almoman est un ancien des Hautes études internationales et a fait toute sa carrière dans la Genève internationale, de la Ligue arabe à l'ONU. Il a effectué diverses missions en Bosnie et au Sahara occidental notamment, avant de diriger le service des publications des Nations unies. Bonne chance donc à ce compatriote.

Restons dans le carnet mondain avec la visite de Leurs Majestés le roi et la reine d'Espagne, qui seront à Genève pour une visite de deux jours au Nations unies. Juan Carlos et Sophie doivent se rendre aujourd'hui au Palais des Nations, à la Fédération internationale de la Croix-Rouge et à l'OMS. Et ils achèveront leur périple demain 8 mars, Journée internationale de la femme, par une visite au Bureau international du travail, dont la 292e session du conseil d'administration se tient précisément cette semaine et doit notamment avaliser les propositions de l'OIT en vue de renforcer la dimension sociale de la mondialisation.

La Journée de la femme donne rituellement matière à abondance de publications et d'événements. L'Union interparlementaire a publié sa carte mondiale des élues dans les différents parlements nationaux (Rwanda 1er, Suisse 22e). Le BIT et diverses ONG tiennent nombre de séminaires et rencontres tandis qu'à New York la Commission de la condition de la femme procède à l'examen et à l'évaluation de la condition féminine dans le monde dix ans après la Conférence de Pékin. «D'énormes progrès ont été enregistrés en dix ans. Davantage de lois qui protègent les femmes contre la discrimination, les sévices et la violence sont adoptées», a admis Rachel Mayanja, conseillère spéciale pour la parité et la promotion de la femme. De quoi faire réfléchir les électrices/teurs suisses…