La cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, a indiqué samedi soir avoir «rendu» son titre de membre honoraire de l'un des collèges de l'Université de Cambridge en guise de protestation face aux accusations d'atteinte à la liberté d'enseignement dans la ville.

Carrie Lam a affirmé avoir rompu ses liens avec le collège Wolfson de la prestigieuse université, où elle a étudié, en réaction aux préoccupations exprimées par le collège sur la liberté d'expression à Hong Kong.

Elle s'est déclarée «profondément déçue par le collège qui calomnie une personne sur la base de ouï-dire plutôt que de faits». «Par conséquent, je peux difficilement me convaincre de garder une relation avec le collège Wolfson», a-t-elle écrit samedi soir sur Facebook.

Dans son message, elle a «rejeté» vouloir mettre fin aux libertés sur le territoire, affirmant que ces accusations sont «sans fondement».

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Wolfson sous pression

Le collège Wolfson a indiqué avoir récemment fait part à la dirigeante hongkongaise de ses préoccupations concernant «son engagement en faveur de la protection des droits de l'Homme et de la liberté d'expression».

L'instance dirigeante de ce collège devait se pencher en septembre sur le titre de membre honoraire de Carrie Lam. Depuis l'an dernier, le collège Wolfson subissait des pressions pour retirer à la dirigeante son titre honorifique.

Tensions croissantes depuis la nouvelle loi

La cheffe de l'exécutif, désignée par Pékin, fait partie des onze dirigeants chinois et hongkongais visés par les Etats-Unis après la décision de Pékin d'imposer fin juin au territoire semi-autonome une loi draconienne sur la sécurité nationale. Ce texte jugé liberticide renforce la main mise de la Chine sur Hong Kong. Depuis son entrée en vigueur, une vingtaine de militants prodémocratie ont été interpellés parmi lesquels le magnat des médias Jimmy Lai, propriétaire de deux titres critiques du régime chinois.

Des candidatures aux législatives ont été invalidées et des livres jugés comme contrevenant à la nouvelle loi ont été retirés des rayonnages des bibliothèques et des écoles de la ville.

Trois universitaires de renom ont été limogés après avoir été incarcérés pour leur rôle en 2014 dans le «Mouvement des parapluies».

La chine exige une éducation plus «patriotique»

Hong Kong compte parmi les meilleures universités d'Asie mais les dirigeants chinois ont clairement fait savoir qu'ils considéraient le système éducatif de la ville comme l'un des principaux responsables du mouvement pro-démocratie.

Ils ont donné l'ordre aux autorités locales d'inculquer une éducation plus «patriotique» et de veiller à ce que la récente loi soit respectée.

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