Le président américain a refusé mercredi de s’engager à un transfert pacifique du pouvoir en cas de défaite à l’élection du 3 novembre, s’attirant les réactions outrées de son adversaire démocrate et jusque dans son propre camp. «Il va falloir que nous voyions ce qui se passe», a déclaré Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.

Il avait été interrogé par un journaliste qui lui demandait de prendre l’engagement d’assurer un transfert sans violence du pouvoir quel que soit le résultat de l’élection qui l’oppose au démocrate Joe Biden.

Actuellement en retard dans les sondages, le président républicain se plaint régulièrement des conditions d’organisation du scrutin et affirme que le vote par correspondance est source de fraudes potentielles. Cette assertion n’est pas démontrée, mais le vote par courrier devrait être beaucoup plus utilisé cette année du fait de la pandémie de Covid-19.

Réactions houleuses

Donald Trump a semblé mercredi appeler à une annulation des bulletins envoyés par la poste. «Débarrassons-nous de ces bulletins et ce sera très pacifique, il n’y aura pas de transfert vraiment, ce sera une continuation», a-t-il dit.

Joe Biden a immédiatement réagi à ces propos du milliardaire républicain qui joue régulièrement avec l’idée de ne pas reconnaître les résultats de l’élection. Il avait formulé la même menace lors du scrutin de 2016 qu’il avait remporté face à Hillary Clinton.

«Dans quel pays vivons-nous? Je plaisante à peine. Je veux dire, dans quel pays sommes-nous? Il dit les choses les plus irrationnelles, je ne sais pas quoi dire», a déclaré le candidat démocrate.

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Le sénateur républicain Mitt Romney, qui s’oppose régulièrement au président, s’est également insurgé. «Le transfert pacifique du pouvoir est fondamental pour notre démocratie; sans cela, c’est la Biélorussie. Toute suggestion par un président qu’il puisse se soustraire à cette garantie constitutionnelle est à la fois impensable et inacceptable», a-t-il affirmé sur Twitter.

Un nouveau juge à la Cour suprême

La mort vendredi dernier de la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg offre au président la possibilité de nommer un nouveau juge au sein de cette institution fondamentale dans la démocratie américaine, puisqu’elle tranche les grandes questions de société, comme le droit à l’avortement ou le port d’arme.

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La haute cour, qui arbitre aussi les litiges lors de l’élection présidentielle, devrait ainsi s’ancrer durablement dans le camp conservateur avec trois nominations effectuées par Donald Trump.