«Je ne suis pas tendre avec mon gouvernement, ce qui ne me rendra pas populaire dans mon pays.» Dick Marty a choisi de se saisir du cas suisse pour illustrer l'attitude de pays européens comme l'Irlande, «qui devraient manifester, écrit-il dans ses conclusions, plus de volonté et de zèle dans la recherche de la vérité lorsque des indices sérieux indiquent que leur territoire ou leur espace aérien ont pu être utilisés, même à leur insu, pour des opérations illégales». Berne n'est pas impliquée directement, assure-t-il. Les vols qui ont atterri à Genève ou à Zurich «n'ont apparemment rien à voir» et étaient «des vols de logistique». En revanche, son rapport cite les autorités judiciaires italiennes qui ont pu démontrer que «Abou Omar, enlevé à Milan le 17 février 2003, a été transporté le même jour par avion de la base d'Aviano à celle de Ramstein en Allemagne en passant par l'espace aérien suisse, vol par ailleurs confirmé par les contrôleurs suisses du ciel.» De plus, le chef de l'opération de Milan a séjourné en Suisse. Le rapport fait aussi état des récentes informations selon lesquelles Berne aurait délibérément omis d'exécuter un mandat d'arrêt international émis par la justice italienne.

Or, le «gouvernement suisse a délibérément ignoré ces faits» accuse le rapporteur et a renouvelé, sans autre forme de procès l'autorisation de survol de l'espace aérien s uisse.

La Confédération a réfuté mercredi les reproches de Dick Marty. «Nous avons toujours été transparents et clairs sur les principes», a déclaré Lars Knuchel, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères. Selon lui, la Suisse a fait savoir dès printemps 2005 à Washington qu'elle considérait le transfèrement de prisonniers dans des pays où ils risquaient d'être torturés comme contraire au droit international.