Brian Cowen avait prévenu ses partenaires: la solution au casse-tête irlandais devra attendre. C'est en décembre que le premier ministre présentera ses propositions pour sortir de l'impasse provoquée par la victoire du non au Traité de Lisbonne, le 12 juin dernier. Rien, dans ses propos mercredi au sommet européen de Bruxelles, ne confirme toutefois l'hypothèse d'un second référendum défendue notamment par Nicolas Sarkozy.

Listant les problèmes à l'origine du rejet du futur Traité européen, Brian Cowen a cité la volonté de conserver un commissaire européen irlandais, l'attachement à la neutralité, les questions éthiques et sociales (allusion à l'interdiction d'avortement) et le refus de démanteler les exonérations fiscales à l'origine du boom des investissements dans l'île.

Le risque de voir se prolonger la paralysie institutionnelle de l'UE a été en plus accru par le spectacle affligeant livré par la Pologne. Alors que le gouvernement du premier ministre Donald Tusk l'avait imploré de ne pas venir au sommet de Bruxelles, le président polonais Lech Kascynski, eurosceptique notoire et lui aussi adversaire du Traité de Lisbonne, a loué un avion pour s'y rendre séparément. Il a ensuite exigé de siéger aux côtés du chef de gouvernement, rejetant hors de la salle le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Avant de s'éclipser pour revenir au dîner.

L'un des sujets fétiches de Lech Kascynski est le rejet du plan «énergie-climat» de l'UE, au menu du sommet de décembre. Compliquée par les menaces de récession, l'adoption par les Vingt-Sept de ce paquet législatif destiné à imposer aux Etats membres des diminutions contraignantes de leurs émissions de gaz à effet de serre paraît aujourd'hui aléatoire. La présidence française, tout en reconnaissant les difficultés - notamment en provenance d'Allemagne - a toutefois estimé hier que la négociation peut encore aboutir.