Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
En pleine nuit, quelque 70 policiers, ont «mis la main» sur une quarantaine d’œuvres d’art exposées dans le musée de cette ville, à l’ouest de Barcelone.
© Manu Fernandez/AP Photo

Identité

Quand les Catalans revendiquent des trésors royaux

Les séparatistes catalans dénoncent le «pillage» de leur patrimoine. Pour des œuvres provenant de l’Aragon voisin

Un «pillage» de la Catalogne? Les séparatistes catalans de Lérida sont encore sous le choc. En pleine nuit, quelque 70 policiers, ont «mis la main» sur une quarantaine d’œuvres d’art exposées dans le musée de cette ville, à l’ouest de Barcelone. Empoignades, cris de colère, coups de matraque: il a fallu plusieurs heures avant que le convoi policier réussisse à s’extirper de la petite foule des militants et parte en trombe vers «l’Espagne», en l’occurrence la région voisine d’Aragon.

Voilà le résultat du «coup d’Etat» opéré par Madrid, s’est emporté l’ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, en exil temporaire à Bruxelles depuis que le gouvernement espagnol a décidé d’appliquer l’article 155 de la Constitution, qui équivaut à la mise sous tutelle de la région en attendant des élections prévues le 21 décembre. L’Espagne révèle ainsi sa vraie nature, ont entonné les séparatistes, accourus sur place pour défendre le patrimoine catalan «spolié».

Un épisode qui vient enrichir le récit indépendantiste catalan

Sauf que ces œuvres d’art ramenées en Aragon, datées pour certaines du XVe siècle, proviennent du monastère de Sijena, classé monument national (espagnol) en 1923, mais mis à sac au début de la guerre civile espagnole. Les divers rois d’Aragon étaient des habitués de ce monastère, certains y étaient enterrés, d’où la valeur des œuvres d’art qu’il contenait. Ce n’est que des décennies plus tard (entre 1982 et 1995) que, déménageant en Catalogne, les sœurs de l’Ordre de Malte qui géraient le monastère furent convaincues de vendre leur trésor par tranches au gouvernement catalan.

En réalité, le gouvernement espagnol, comme une bonne partie de la classe politique se serait passé de cet épisode qui vient enrichir le récit indépendantiste catalan. La querelle juridique a duré deux décennies, mais la justice avait finalement ordonné à la Catalogne de rendre les œuvres avant le 11 décembre. A minuit, sur l’insistance des autorités d’Aragon, les policiers étaient devant la porte.

C’est l’union de l’Aragon et de la Castille, en 1469, qui débouchera sur l’établissement de la monarchie espagnole, l’institution honnie par les séparatistes catalans. Une vieille histoire, puisqu’il semble bien établi que ceux qui mirent le feu, en 1936, au monastère de Sijena, au risque de voir partir en fumée tous ses trésors artistiques, ne furent autres que les… anarchistes catalans. Aux côtés, il est vrai, de leurs coreligionnaires «espagnols» d’Aragon.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a