La baronne Ashton de Upholland, car tel est son titre de noblesse, se retrouve à la tête de la diplomatie de l’UE pour deux raisons: la volonté de Londres d’obtenir ce poste prestigieux puisque Tony Blair n’a pas emporté la présidence du Conseil. Et le fait qu’elle est une femme, ce qui compléterait avantageusement un duo masculin à la tête de la commission (dirigée par le portugais José-Manuel Barroso) et du conseil (confié au premier ministre belge Herman van Rompuy).

Pour le reste, sa nomination acquise à la surprise quasi générale à Bruxelles pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Car rares sont ceux qui, dans les couloirs de l’UE, l’ont suffisamment côtoyé à son actuel poste de commissaire au Commerce pour tresser d’éventuels lauriers.

Remplaçante au pied levé de Peter Mandelson – l’ex-éminence grise de Tony Blair – lorsque celui-ci accepta de venir soutenir son vieil adversaire Gordon Brown, cette spécialiste des questions d’éducation de 53 ans n’a guère d’autres atouts en main. Du moins sur le papier: «Elle a très vite appris nuançait jeudi soir un haut fonctionnaire de la commission impliqué dans la récente négociation de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Corée du Sud. Son approche des affaires est plus technique que politique. Mais elle est appliquée et, surtout, elle écoute…»

Catherine Ashton hérite en effet de la tâche la plus ardue à la tête de l’Union qu’elle aura pour mission de représenter à travers le monde, sans froisser les susceptibilités des diplomaties nationales. D’où le pari d’un responsable européen: «Sa priorité explique-t-il, sera de mettre en place le nouveau service de l’action extérieure. Elle sera plus chef d’orchestre que soliste. Et pour cette période de rodage de la diplomatie communautaire, c’est aussi bien».