Allemagne

La CDU perd un test électoral en Basse-Saxe, un bol d'air pour le SPD

Le parti d'Angela Merkel, qui doit négocier une coalition gouvernementale, a subi dimanche un revers électoral lors d'un scrutin régional

Après des législatives décevantes, le camp conservateur de la chancelière Angela Merkel a essuyé dimanche 15 octobre une défaite lors d'un scrutin régional. Un coup dur avant de difficiles négociations pour former le prochain gouvernement allemand.

Avec 37,3% des suffrages, soit un gain de près de cinq points par rapport au scrutin de 2013, les sociaux-démocrates du SPD sont arrivés clairement en tête de l'élection régionale en Basse-Saxe (nord). Ils dirigent depuis quatre ans avec les Verts ce Land abritant le siège du constructeur automobile Volkswagen.

Le SPD devance la CDU (33,4%, contre 36% en 2013) dans cette région agricole riche, forte d'environ six millions d'électeurs, précise la chaîne publique ARD. Si les estimations sont confirmées, il s'agira pour ce parti de son plus mauvais score en Basse-Saxe depuis 58 ans.

Verts, FDP et AfD en baisse

Par ailleurs, les écologistes sont crédités selon les estimations de 8,9% et le FDP de 7,4%. Ces deux formations enregistrent de moins bons scores qu'il y a quatre ans.

Conséquence du recul des écologistes, la reconduction de la coalition sortante SPD-Verts n'est pas garantie. Le verdict est attendu tard dans la nuit. Le taux de participation au scrutin est estimé à 63%.

Enfin, la formation d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) franchit de justesse la barre des 5% pour obtenir des représentants régionaux, avec 6,2% des voix. Il s'agit d'une baisse par rapport aux 12,9% obtenus au niveau national en septembre.

Bol d'air pour le SPD

Ce résultat a tout du bol d'air pour le patron social-démocrate Martin Schulz, qui a subi cette année trois défaites lors de régionales et une humiliation aux législatives.

Le ministre-président SPD de Basse-Saxe Stephan Weil, qui gouverne depuis quatre ans avec l'aide des écologistes, a salué «un succès fulgurant» après une longue «course de remontée». Il a fait savoir qu'il entamera des discussions avec toutes les formations, sauf l'AfD.

En revanche, la défaite arrive au pire moment pour la chancelière Angela Merkel, qui s'exprimera lundi à la mi-journée. Elle avait déjà enregistré, aux législatives de septembre, le pire score de son parti depuis 1949. Malgré quatre victoires de suite aux législatives et douze années comme chancelière, son pouvoir est critiqué chez les plus conservateurs, en particulier les Bavarois de la CSU.

Ces derniers veulent mettre le cap à droite pour récupérer les électeurs perdus au profit du parti d'extrême droite AfD, qui a fait une entrée tonitruante à la chambre des députés allemands.

Quelle majorité gouvernementale

Surtout, la famille conservatrice doit négocier à partir de mercredi la formation d'une majorité gouvernementale inédite en Allemagne. Le quotidien populaire Bild parle «d'échec» pour la CDU, qui «n'entre certainement pas renforcée dans le poker des discussions préliminaires avec les Verts et le FDP».

«Ce n'est pas pour autant un séisme», relativise le journal sur son site internet. Car comme l'a noté dimanche le secrétaire général de la CDU Peter Tauber, «une élection régionale reste une élection régionale».

Dans ces négociations, les points d'achoppement avec les autres partis sont nombreux. A commencer par la politique migratoire, un sujet brûlant dans ce pays qui a accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile depuis 2015. Les pourparlers pourraient bien s'éterniser et se poursuivre jusqu'en 2018.

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