Monde

Celentano provoque Berlusconi

L'histoire.

S'il ne se lasse jamais de raconter des blagues, y compris dans les sommets internationaux, Silvio Berlusconi n'apprécie guère la satire télévisuelle quand elle concerne ses ennuis avec la justice ou son gouvernement. Dimanche, le président du Conseil italien s'en est ainsi pris à l'émission Rockpolitik présentée par la grande vedette populaire Adriano Celentano et à travers lui à toute une série d'acteurs comiques. Le programme de Celentano «n'est que le dernier épisode en date d'un système de communication qui a toujours attaqué depuis 2001 l'action du gouvernement et le président du Conseil», s'est insurgé le Cavaliere, propriétaire des trois principales chaînes privées du pays.

Car au cours de son émission de variétés diffusée jeudi dernier sur Rai Uno, le premier canal public, Adriano Celentano ne s'est pas contenté d'accueillir Gérard Depardieu ou de fredonner quelques-uns de ses titres les plus célèbres à commencer par «Azzurro». La star de la chanson italienne avait en effet invité des acteurs comiques qui ont ironisé sur les leaders de droite comme de gauche tout en réservant à Silvio Berlusconi un traitement privilégié. L'un d'entre eux s'était par exemple muni d'une carte d'adhérent à Forza Italia offrant «20% de réduction de peine dans tous les tribunaux italiens». Pour dénoncer la censure de la majorité, Adriano Celentano avait également appelé à ses côtés l'eurodéputé (gauche) et ancien journaliste Michele Santoro, évincé de la Rai en 2001 car accusé par le Cavaliere de «faire un usage criminel de la télévision».

Alors que Rockpolitik a enregistré un taux d'audience record (plus de 14 millions de téléspectateurs), Berlusconi a jugé «qu'il n'y avait pas besoin de Celentano pour avoir un vent de liberté à la télévision». La gauche a vivement réagi dénonçant «une liste de proscription». «Il est franchement ridicule que le chef du gouvernement qui détient la quasi-totalité du système médiatique italien tente de se faire passer pour une victime», a estimé le communiste Marco Rizzo.

«Il n'y a aucune liste de proscription, a cherché hier à minimiser Silvio Berlusconi. J'ai seulement observé que l'enthousiasme autour de Rockpolitik me semblait exagéré.» De son côté, Adriano Celentano n'a pour l'heure pas répliqué. Trop occupé à préparer la deuxième émission de son «Rockpolitik», programmée jeudi soir et qui pourrait à nouveau irriter le Cavaliere.

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