Malgré des efforts incessants, le gouvernement français n'est pas encore parvenu à faire libérer les journalistes Christian Chesnot, 37 ans, et Georges Malbrunot, 41 ans, retenus en otage en Irak depuis cent jours. Correspondants de Radio France Internationale (RFI) et du quotidien Le Figaro, MM. Chesnot et Malbrunot avaient été enlevés le 20 août alors qu'ils se rendaient de Bagdad à la ville sainte chiite de Najaf, au sud de la capitale.

Le 29 août, après la revendication du rapt par un groupe appelé Armée islamique en Irak, le président Jacques Chirac avait appelé «solennellement» à la libération des deux Français. Le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, était alors envoyé en mission de contact dans la région. Dans le même temps, les milieux politiques, l'opinion publique et la communauté musulmane de France se mobilisaient dans un élan d'unité nationale.

Des cassettes vidéo montrant les otages ont été diffusées les premières semaines. Mais la confiance affichée par les autorités françaises en une solution rapide s'est peu à peu effritée, la libération apparaissant compliquée par les bombardements et combats de Falloujah et de Latifiyah, deux des villes où auraient pu être emmenés les otages.

Selon le gouvernement français, une tentative «parallèle» de libération, fin septembre, par le député Didier Julia a affecté les démarches et entravé le dialogue indirect avec les ravisseurs. Depuis, a assuré Michel Barnier, les fils ont été «renoués» mais aucune perspective claire de libération ne se profile, alors que deux travailleuses humanitaires italiennes enlevées après les journalistes français ont été libérées en octobre. Mercredi, l'association Reporters sans frontières a assuré que MM. Malbrunot et Chesnot étaient «en vie au 10 novembre».

Report des élections?

Dix partis modérés, dont celui du premier ministre Iyad Allaoui, ont demandé le report de six mois des élections prévues le 30 janvier 2005. Ces formations réunies à l'initiative du sunnite Adnane Pachachi, ancien candidat à la présidence, ont estimé qu'il serait opportun de retarder les élections dans l'attente d'une amélioration de la situation sécuritaire dans le pays. La commission électorale irakienne examinera ce samedi matin la demande formulée par dix partis.