16H30. Des centaines de blessés L’Agence France presse fait état de centaines de blessés dans les heurts qui opposent depuis plusieurs heures partisans et opposants du régime. Les images retransmises en direct par la chaîne qatarie Al-Jazira montrent des affrontements parfois violents à coups de pierres et de bâtons, avec des personnes battues et traînées à terre. Après avoir appelé toutes les parties à la retenue, la Maison Blanche dit «condamner» la violence contre les manifestants en Egypte.

13H30. Violents heurts entre pro- et anti-Moubarak De violents accrochages ont éclaté mercredi au Caire entre des milliers de partisans du président Hosni Moubarak et de manifestants réclamant son départ, faisant des blessés, sans que l’armée présente sur place n’intervienne, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les militants pro-gouvernementaux chargent les opposants à cheval et même à dos de chameau. Les pierres volent ainsi que les coups de bâtons et de couteau alors que l’armée était intervenue à la télévision dans la matinée pour demander aux manifestants de quitter la Place Tahrir, pour des raisons de sécurité. Sur le réseau de microblogging Twitter, des messages impossibles à vérifier indiquent aussi que de graves incidents sont en train de se produire Place Tahrir, et que des personnes blessées sont couvertes de sang. Des policiers en uniformes utiliseraient bâtons et pierres ainsi que leurs matraques contre les manifestants. «L’armée avait prévenu dit celui-ci, cela va être Tien AnMen». «C’est le chaos», entend-on sur Al-Jazira, qui continue d’émettre en direct avec plusieurs envoyés spéciaux répartis à différents endroits de la gigantesque place. Des manifestants ont d’ailleurs exhibé des passeports et autres documents d’identité pris sur leurs agresseurs, qui sont des documents de police. Dans beaucoup de messages sur Twitter, on peut lire que les manifestants accusent la police en costume ou en civil de provocations et d’agressions pour semer le chaos. ■ 12H30. La fin du blocage d’Internet

Après cinq jours de coupure historique de tout le réseau Internet, l’accès à la Toile a été au moins en partie rétabli mercredi au Caire, ont constaté des internautes et des journalistes de l’AFP. Il n’est pas possible pour l’heure de vérifier si l’ensemble du réseau est rétabli dans tout le pays, qui compte 80 millions d’habitants dont 23 millions d’internautes. ■ 12H00. Parlement suspendu, couvre-feu allégé

Le Parlement égyptien a suspendu ses séances jusqu’à la révision des résultats des dernières législatives, marquées par des accusations de fraude et de violences, a rapporté mercredi l’agence de presse officielle Mena. La justice avait prononcé l’annulation des résultats des élections dans de nombreuses circonscriptions, après les législatives qui se sont déroulées les 28 novembre et 5 décembre. Un nouiveqau scrutin sera organisé dans les cironcscriptions concernées:

D’autre part le couvre-feu en vigueur depuis vendredi dans la capitale égyptienne ainsi qu’à Alexandrie (nord) et à Suez (est), sera allégé à partir de ce mercredi, ont annoncé les médias officiels. Le couvre-feu commencera à 17H00 locales (16H00 heure suisse) au lieu de 15H00 actuellement et se terminera à 07H00 (06H00 heure suisse) contre 08H00 jusqu’ici, a indiqué la télévision publique dans un bandeau. 11H00. Nouveaux rassemblements

Des milliers de manifestants antirégime sont à nouveau rassemblés mercredi midi place Tahrir, dans le centre du Caire, au lendemain d’une mobilisation de plus d’un million de personnes, et malgré l’annonce d’Hosni Moubarak qu’il abandonnerait son fauteuil de président en septembre. A un kilomètre de la place, quelque 500 partisans du président ont défilé mercredi matin avec des banderoles clamant «Oui à Moubarak, pour protéger la stabilité,» ou «ceux qui aiment l’Egypte ne la font pas couler». Certains interpellaient la foule se dirigeant vers la place Tahrir (Libération), devenue emblématique de la colère des Egyptiens: «Que voulez-vous de plus? De toute façon Moubarak ne va pas rester. Vous devez partir, ou le sang va couler».Des milliers de manifestants anti-gouvernementaux ont à nouveau passé la nuit de mardi à mercredi sur la place et repris dès leur réveil les slogans réclamant le départ immédiat du président. Mais mercredi matin, au neuvième jour de révolte, l’armée égyptienne a appelé, à la télévision d’Etat, les manifestants à rentrer chez eux pour rétablir la sécurité. «Allez, Hosni dehors», ont les scandé les protestataires, émergeant tout juste de leurs tentes ou de leurs sacs de couchage, à même le sol. Deux grandes banderoles sont toujours déployées sur la place, l’une en anglais disant «le peuple veut la chute du régime» et l’autre en arabe, adressée à Hosni Moubarak: «dégage!». ■ Les Etats-Unis embarrassés veulent «maintenant» des changements Hésitant depuis plusieurs jours sur le soutien à apporter à leur plus fidèle allié dans la région, le président américain Barack Obama semble avoir finalement tranché et a indiqué avoir dit à M. Moubarak qu’une transition politique pacifique et calme devait débuter «maintenant» en Egypte, s’abstenant toutefois de lui demander explicitement d’écouter les appels exigeant son départ immédiat.Dans une intervention solennelle à la Maison-Blanche à l’issue d’une journée d’intenses consultations diplomatiques, Barack Obama a aussi félicité l’armée égyptienne d’avoir permis que des manifestations pacifiques aient lieu et a affirmé aux Egyptiens entendre leurs voix.De son côté, l’ambassadrice des Etats-Unis Margaret Scobey s’est entretenue au téléphone avec Mohamed ElBaradei, la figure la plus en vue de l’opposition, qui a appelé M. Moubarak à partir «au plus tard vendredi». C’était le premier contact officiel des Américains avec l’opposant. ■ Autres réactions internationales: l’ère Moubarak, c’est fini - Londres a réitéré son appel aux autorités égyptiennes à procéder à un «changement réel, visible et complet», selon un communiqué du Foreign Office.- Le leader cubain Fidel Castro a jugé que «le sort» de M. Moubarak «en est jeté» et que le soutien traditionnel de Washington à son régime n’y pourra rien.- Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé insuffisante mercredi l’annonce du président Hosni Moubarak de rester au pouvoir jusqu’à la présidentielle de septembre, affirmant qu’un départ immédiat serait la seule option pour satisfaire les revendications de son peuple. «Le peuple (égyptien) attend une décision bien plus différente de M. Moubarak», a dit M. Erdogan en visite au Kirghizistan aux journalistes turcs, a rapporté la chaîne d’information NTV. «L’administration actuelle n’incarne pas la confiance en ce qui concerne les changements démocratiques voulus par la population» égyptienne, a souligné M. Erdogan. - En France, le président Nicolas Sarkozy souhaite que la transition s’engage «sans tarder» et «sans violence», a indiqué mercredi la présidence française. «A la suite du discours du président Moubarak, le président de la République réitère son souhait qu’un processus de transition concret s’engage sans tarder et permette de répondre au désir de changement et de renouvellement exprimé avec force par la population», dit la présidence française dans un communiqué. ■ En Egypte: des annonces jugées insuffisantes Au Caire, l’annonce de M. Moubarak qu’il resterait au pouvoir a été aussitôt rejetée par les milliers de manifestants rassemblés, malgré le couvre-feu, dans le centre-ville, laissant augurer d’une poursuite de l’épreuve de force.«Le président est très têtu, mais nous sommes plus têtus que lui. Nous ne quitterons pas la place» Tahrir (Libération), épicentre de la mobilisation au Caire, a déclaré un leader de la contestation dans un haut-parleur.M. Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis 29 ans, s’est engagé dans un discours télévisé à préparer lors des huit mois de mandat qui lui restent une transition pacifique, notamment en modifiant la Constitution afin de faciliter les candidatures pour la présidentielle.«Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel», a déclaré M. Moubarak, qui en est à son cinquième mandat de six ans. «J’ai passé assez de temps à servir l’Egypte et son peuple.» «Ce pays, j’y ai vécu, j’ai fait la guerre pour lui, et l’histoire me jugera», a-t-il ajouté. L’Egypte est «la nation que j’ai défendue et dans laquelle je vais mourir».«Ma première responsabilité maintenant est de ramener la sécurité et la stabilité à la patrie pour assurer la transition pacifique du pouvoir», a-t-il poursuivi, en accusant «certaines forces politiques d’avoir cherché l’escalade et attisé le feu lors des manifestations».M. Moubarak a appelé le parlement à «débattre d’un amendement aux articles 76 et 77 de la Constitution pour changer les conditions de la candidature à la présidentielle et limiter les mandats». ■ Une journée historique Ce mardi 1er février, plus d’un million d’Egyptiens ont envahi les rues, selon les services de sécurité, la plus importante mobilisation depuis le début, le 25 janvier, de la contestation qui a fait au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l’ONU, et des milliers de blessés. Accusant M. Moubarak d’être responsable des maux du pays – pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique, les manifestants ont défilé sans heurt, dans une ambiance souvent festive, l’armée s’étant engagée à ne pas utiliser la force contre eux.Au Caire, la place Tahrir a été prise d’assaut par une marée humaine. Les manifestants ont dansé et chanté en conspuant le président. Au moins 500 000 personnes se sont rassemblées dans la capitale, d’après la sécurité. Les défilés se sont étendus à de nombreuses autres villes.En soirée, la foule s’est dispersée, mais de petits groupes sont restés pour y passer la nuit sous les tentes malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale ainsi qu’à Alexandrie (nord) et Suez (est), de 14h00 à 07h00 heure suisse. «On ne partira que lorsque Moubarak partira!» scandait un groupe d’hommes. Fort contrecoup économique Après une semaine de protestations, les contrecoups économiques de la révolte se font sentir. Les touristes, l’une des principales sources de revenu pour l’Egypte, ont renoncé à venir, et les étrangers prennent la fuite.Washington a ordonné le départ du personnel non essentiel de son ambassade, et de nombreux Etats continuent de dépêcher des avions pour rapatrier leurs ressortissants. La plupart des voyagistes européens ont annulé les séjours jusqu’à la mi-février.Banques et bourse étaient fermées, alors le carburant manquait en de nombreux endroits et que les Egyptiens faisaient leurs provisions.