Asie

Le centre de Hongkong transformé en champ de bataille

Des dizaines de milliers de jeunes sont descendus dans la rue mercredi pour s’opposer à une loi permettant d’extrader des suspects en Chine. La police les a attaqués à coups de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc

L’ambiance était calme mais tendue. Les manifestants, presque tous jeunes, arborant des masques chirurgicaux pour dissimuler leur visage et vêtus de noir, étaient assis sur la pelouse de Tamar Park, un espace de verdure rempli de sculptures qui borde la baie de Hongkong et le bâtiment rond du parlement de la ville-Etat. D’autres avaient monté des stations de premier secours improvisées, à même le sol. D’autres encore distribuaient des bouteilles d’eau et des rouleaux de film alimentaire, dont les protestataires s’enveloppaient les bras pour se protéger contre le spray au poivre. Certains avaient passé la nuit sur place.

Un mouvement spontané

Ils sont plusieurs dizaines de milliers à être descendus dans la rue mercredi, trois jours après une manifestation monstre qui a réuni plus d’un million de personnes pour s’opposer à l’adoption d’un amendement législatif qui permettrait d’extrader des suspects vers la Chine. «Si cette loi passe, n’importe qui pourra être envoyé en Chine et je ne fais pas du tout confiance à ce pays, dénonce Peggy, une informaticienne de 27 ans. Il n’y a pas d’Etat de droit, ni de respects pour les droits de l’homme là-bas.» Elle pense que la loi visera non seulement les criminels, mais aussi les dissidents politiques.