Catastrophe naturelle

Le centre de l’Italie ne cesse de trembler

Un nouveau séisme a secoué le centre de l’Italie, dimanche. La secousse a atteint une magnitude 6,5, mais il n’a fait aucune victime. Depuis le tremblement de terre du 24 août dernier et ses quelque 300 victimes, il y a eu 19 000 répliques sismiques et rien ne permet d’imaginer que cela s’arrête bientôt

Un nouveau séisme a secoué le centre de l’Italie dimanche matin vers 7h40. La secousse a atteint une magnitude de 6,5. Il s’agit du tremblement de terre le plus violent enregistré dans le pays depuis 1980. Il n’a fait aucune victime, mais une vingtaine de personnes ont été blessées, dont deux gravement. L’épicentre se trouve à quelques kilomètres au nord de Norcia, à une centaine de kilomètres au sud-est de Pérouse, en Ombrie.

Après avoir résisté aux nombreuses secousses de ces deux derniers mois, la cathédrale de ce village de 5000 habitants a finalement cédé. L’édifice et le clocher se sont écroulés. Seule la façade est restée debout. Les sœurs se trouvant à l’intérieur ont pu être secourues. Alors que la poussière s’élevait encore dans l’air, elles se sont soutenues pour traverser la place du village. D’autres, plus âgées, ont été aidées par des pompiers. Accompagnées de frères et d’habitants, elles se sont ensuite recueillies en prière sur la place, certaines à genoux.

Quand cela finira-t-il?

Ces images ont tourné en boucle dimanche dans les médias italiens et ont été relayées en masse sur les réseaux sociaux. Elles symbolisent cette nouvelle catastrophe: celle-ci a épargné la population, mais a dévasté les habitations et le patrimoine culturel et religieux de la région. Et laissé les Italiens avec une question sans réponse: quand le centre de l’Italie cessera-t-il de trembler?

Car voilà deux mois que les secousses s’enchaînent. Le 24 août dernier, un premier séisme a frappé le centre de l’Italie, près de Norcia déjà, provoquant la mort de 298 personnes. 19 000 répliques ont ensuite été enregistrées les deux mois suivant, selon l’Ansa, l’agence de presse italienne. Le 26 octobre dernier, deux autres violents séismes, d’une magnitude respective de 5,5 et 6,1, suivis par 900 autres répliques, ont touché une nouvelle fois la même région.

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Une nouvelle faille active

Le tremblement de terre de cet été a activé une autre faille quelques kilomètres plus au nord, provoquant les secousses de mercredi dernier et de ce dimanche. «Nous savons maintenant qu’il y a une autre faille active», confirme Alessandro Amato, un sismologue de l’Institut national de géophysique et vulcanologie. Mais impossible pour lui ou quelconque spécialiste de déterminer quand cette crise sismique s’arrêtera.

Les villages frappés dimanche avaient déjà été meurtris en août dernier et ne sont donc pas encore à l’abri de nouvelles catastrophes. «Tout s’est écroulé, il n’y a désormais plus de villages», se désole Aleandro Petrucci, le maire d’Arquata del Tronto. Ce village de 1100 âmes dans les Marches avait été fortement touché par la secousse du 24 août. Dimanche, il a été rasé. Quelques dizaines de kilomètres plus au nord, à la frontière avec l’Ombrie, le constat du maire d’Ussita, Marco Rinaldi, est tout aussi amer. «Tout s’est effondré, c’est un désastre. J’ai vu l’enfer», raconte-t-il après avoir passé la nuit dans sa voiture.

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Des milliers de déplacés

Son hameau de 400 personnes avait en effet été déclaré zone rouge, mercredi après les deux autres séismes. Il était donc inhabité dimanche matin. Que ces villages éparpillés dans les montages du nord de l’Italie aient été en partie désertés fin août peut expliquer, du moins en partie, l’absence de victimes dans cette nouvelle tragédie.

L’inquiétude se tourne maintenant vers les déplacés. Il n’y avait dimanche soir encore aucun chiffre officiel, mais les hommes, femmes et enfants se retrouvant sans logis se compte par milliers. Ceux-ci viendraient s’ajouter à toutes les personnes restées sans habitations ces derniers mois. Le séisme de fin août avait non seulement provoqué la mort de 300 personnes, il en avait aussi laissé 2500 à la rue. Puis 4000 suite aux deux violentes secousses de mercredi soir.

L’arrivée de l’hiver compliquera tout

La situation pourrait donc encore empirer. Selon Luca Ceriscioli, le gouverneur de la région des Marches, dimanche matin, le nombre de déplacés pourrait même atteindre 100 000 si «cette crise sismique ne s’arrête pas». Avant la reconstruction, «priorité aux personnes», a lancé Matteo Renzi, le président du Conseil. La protection civile aimerait loger les victimes de ces différentes catastrophes dans les hôtels le long de la côte Adriatique. Si beaucoup de personnes rechignent à quitter leur région, les autorités refusent de les laisser dans les tentes montées ces deux derniers mois. L’hiver approche, et la température dans cette région montagneuse baisse déjà jusqu’à 0 degré.

«Nous reconstruirons tout; les maisons, les églises et les commerces, a encore ajouté le chef du gouvernement. Nous avons les ressources.» Cette semaine, au lendemain des deux séismes de mercredi, le Conseil des ministres avait débloqué 40 millions d’euros. Une nouvelle réunion extraordinaire doit avoir lieu ce lundi pour décider des nouvelles mesures à prendre. Mais le premier ministre a déjà été clair: «Nous ne lésinerons pas dans la reconstruction de ces lieux, là où ils se trouvaient. Ce sont l’âme de notre pays.»

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