Les tensions entre les deux Corées restent vives. «Le souffle provoqué par une torpille est considéré comme l’une des causes les plus probables, mais différentes autres possibilités sont également examinées», a dit le ministre Kim Tae-Young. Le Cheonan, corvette de 1200 tonnes, avait coulé le 26 mars après une mystérieuse explosion qui l’avait brisée en deux au large de l’île de Baengnyeong, près de la frontière maritime avec la Corée du Nord. Quarante-six marins sud-coréens avaient péri. Le régime communiste de Pyongyang a nié toute implication.

Après le naufrage, Kim Tae-Young avait dit qu’une mine ou une torpille aurait pu être la cause, mais Séoul avait pris soin ensuite de ne pas pointer du doigt Pyongyang.

Kim Tae-Young est le premier ministre à établir un lien explicite entre une explosion sous-marine et le naufrage depuis l’ouverture d’une enquête. Yoon Duk-Yong, co-président d’une équipe d’enquête internationale incluant des experts américains et australiens, a publié un rapport d’étape dimanche, affirmant qu’aucune trace de suie, de fonte, aucun trou n’avait été trouvé sur le navire. «En conclusion, après l’inspection initiale visuelle de la surface brisée et de la coque intérieure/extérieure, nous présumons que la cause est une explosion sous-marine», a indiqué M. Yoon dans ce document. «Et en observant la forme de la déformation, il est hautement probable qu’une explosion sans contact a été la cause, plutôt qu’une explosion avec contact», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre sud-coréen Chung Un-Chan a décrété dimanche une «période de deuil national» de cinq jours jusqu’à jeudi pour les 46 marins disparus, avec des sanctuaires publics établis à Séoul et dans d’autres villes pour que les citoyens se recueillent. La proue de la corvette avait été hissée samedi après être restée pendant un mois au fond de l’eau. La poupe avait été récupérée le 15 avril.

Des inspections initiales de la poupe et de la proue indiquent que le navire a été touché par la force d’une explosion, ont dit des responsables sud-coréens. Des images de la télévision locale diffusées en direct samedi lors des opérations de récupération de la proue ont montré qu’une écoutille était sortie de ses charnières et qu’une cheminée était manquante.

La frontière maritime en mer Jaune a été le théâtre de combats navals entre le Nord et le Sud en 1999 et 2002. Un patrouilleur nord- coréen s’était retrouvé en flammes à l’issue d’un bref affrontement en novembre dernier.