Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La ville de Sanaa, au Yémen. /Keystone 
© YAHYA ARHAB

Moyen-Orient

Le cessez-le-feu débute au Yémen avec l'adhésion des parties en conflit

Parrainé par l'ONU, un cessez-le-feu est entré en vigueur dimanche à minuit afin de trouver une solution au conflit qui ensanglante le Yémen depuis plus d'un an. Les rebelles chiites Houthis et leurs alliés s'engagent à respecter cette trêve

Les forces loyalistes et les rebelles chiites Houthis se sont engagés à respecter le cessez-le-feu entré en vigueur dimanche à minuit (21H00 GMT) au Yémen, à l'initiative de l'ONU qui veut organiser des pourparlers de paix à partir du 18 avril.

Un conflit très meurtrier

«Le cessez-le-feu est entré en vigueur et nous allons le respecter (...) à moins que les rebelles Houthis le violent», a déclaré le chef d'état-major des forces loyalistes, le général Mohamed Ali al-Makdashi, premier du côté du gouvernement reconnu par la communauté internationale à annoncer l'entrée en vigueur de la trêve.

Lire aussi:  Au Yémen, une sale guerre

L'engagement des parties à respecter le cessez-le-feu, s'il est suivi par une désescalade sur le terrain, va permettre à l'ONU d'engager des discussions politiques pour le règlement du conflit, qui a fait quelque 6.300 morts, des civils pour la moitié, et 30.000 blessés depuis mars 2015 selon les Nations unies.

L'ONU a donné rendez-vous aux protagonistes du conflit le 18 avril à Koweït pour explorer la possibilité d'une solution politique au conflit qui ensanglante ce pays pauvre de la Péninsule arabique, en proie au chaos depuis la montée en puissance des Houthis.

Les Houthis qui contrôlent la capitale Sanaa et une bonne partie du nord et de l'ouest du Yémen, ont fait leur entrée dans la capitale en septembre 2014. Six mois plus tard, l'Arabie saoudite voisine intervenait à la tête d'une coalition militaire arabe pour soutenir le président Abd Rabbo Mansour Hadi face au camp rebelle, accusé de liens avec l'Iran et alliés à des unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Des sources militaires loyalistes ont accusé les Houthis d'avoir déjà violé la trêve à Taëz, grande ville du sud-ouest du Yémen, mais les incidents signalés ne semblent pas remettre en cause de manière sérieuse le cessez-le-feu.

Une trêve acceptée par les parties en conflit 

Peu après l'annonce du général al-Makdashi, les rebelles et leurs alliés, ont affirmé leur engagement à respecter le cessez-le-feu. Citées par un communiqué publié par l'agence de presse Saba, les deux parties ont assuré avoir remis à l'ONU une lettre portant leur engagement «à cesser les opérations militaires terrestres, maritimes et aériennes» sur l'ensemble du Yémen. Elles ont, en outre, indiqué avoir communiqué à l'organisation internationale les noms de leurs représentants au sein de commissions locales chargées de consolider le cessez-le-feu.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Abdel Malek al-Mekhlafi, a indiqué que le gouvernement du président Hadi avait donné des «garanties à l'ONU pour le maintien de la trêve». Il a souhaité que cette dernière puisse favoriser l'acheminement d'aides humanitaires aux civils et contribuer au succès des pourparlers politiques à Koweït.

Avant même l'entrée en vigueur de la trêve, la coalition arabe menée par Ryad a indiqué qu'elle allait respecter le cessez-le-feu, à la demande du président Hadi. «La coalition arabe (conduite par l'Arabie saoudite) va respecter un cessez-le-feu au Yémen à partir de minuit (heures locales, ndlr) à la demande du président Hadi mais se réserve le droit de riposter» à toute attaque des rebelles, a-t-elle indiqué dans un communiqué publié à Ryad.

Le porte-parole de la coalition, le général de brigade saoudien Ahmed Assiri a déclaré à l'AFP que les «ordres ont été donnés pour le respect du cessez-le-feu». «Et je peux vous assurer que la coalition va respecter le cessez-le-feu», a-t-il insisté, ajoutant que des commandants rebelles ont rencontré des forces loyalistes pour former des commissions chargées de surveiller l'arrêt des hostilités sur le terrain.

Une trêve «essentielle, urgente et indispensable»

La trêve a été précédée par des affrontements localisés entre rebelles et forces loyalistes mais la capitale Sanaa n'a pas connu dimanche de raids aériens de l'aviation de la coalition arabe.

Cette nouvelle trêve a plus de chances de tenir que les précédentes, estiment des experts. Houthis et Saoudiens ont échangé en mars des prisonniers après des pourparlers inédits sur une trêve humanitaire à la frontière. De nombreux Yéménites, déçus par les précédents échecs, restaient eux sceptiques sur une véritable cessation des hostilités.

Le médiateur de l'ONU au Yémen Ismail Ould Cheikh Ahmed a salué dimanche la cessation des hostilités entrée en vigueur au Yémen et a exhorté les belligérants et la communauté internationale à «rester déterminés à la soutenir». Cette trêve «est essentielle, urgente et indispensable», a-t-il dit dans un communiqué. «Le Yémen ne peut pas se permettre de perdre davantage de vies». Il a qualifié la trêve de «premier pas vers le retour de la paix au Yémen».

Lire aussi: Un cessez-le-feu entre en vigueur au Yemen

Si la trêve tient, des pourparlers de paix doivent reprendre le 18 avril entre les parties yéménites en conflit, c'est-à-dire le gouvernement et les rebelles chiites houthis. «Il reste encore beaucoup de travail pour garantir le plein respect de la cessation des hostilités et la reprise des discussions de paix au Koweit», a-t-il reconnu, estimant qu'il était «temps de s'écarter du précipice».

«Il faudra des compromis difficiles de la part de toutes les parties, du courage et de la détermination pour parvenir à un accord» lors des négociations, a-t-il admis. «Les progrès accomplis offrent une vraie occasion de reconstruire un pays qui a beaucoup trop souffert de la violence depuis beaucoup trop longtemps.»

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a