«Je ne savais plus comment échapper au regard d’aigle de Fidel», a raconté Hugo Chavez le 1er juillet 2011, un jour après avoir rendu sa maladie publique. «, Qu’est-ce qui ne va pas, c’est quoi cette douleur?», poursuivait Castro. «Il a commencé à me poser des questions comme un père à son fils […] et il a commencé à appeler les médecins et (demandé) des avis médicaux, et il a pris la situation en main».

A la fin d’une tournée au Brésil et en Équateur, Chavez était arrivé à La Havane appuyé sur une canne pour se faire soigner d’une douleur au genou.

Mais après des examens plus approfondis, deux opérations d’urgence sont décidées, l’une pour un abcès pelvien et l’autre pour enlever une tumeur cancéreuse de la taille «d’une balle de baseball», selon le président vénézuélien.

Fidel Castro, considéré par Chavez comme son mentor politique, est devenu, selon ses propres mots, son «médecin en chef», l’accompagnant lors des séances de chimiothérapie qui ont suivi à La Havane.

L’ex-président du Brésil Luiz Inacio Lula Da Silva et la présidente Dilma Rousseff lui ont suggéré qu’il poursuive son traitement dans le très réputé hôpital siro-libanais de Sao Paulo, mais Chavez ne s’est fait soigner qu’à Cuba.

«A Cuba on lui a garanti deux choses primordiales pour le gouvernement (vénézuélien): la sécurité et une gestion politique de l’information», analyse le sociologue Ignacio Avalos.

En quelques semaines, le Venezuela observe un changement radical de son président: Chavez apparaît moins en public, fait des discours plus courts, adopte des horaires raisonnables, mange plus de fruits et boit moins de café.

Le slogan qui l’a accompagné depuis des années, «Patrie, Socialisme ou la Mort!», se transforme en un optimiste «Nous vivrons et nous vaincrons!».

Sa calvitie, résultat des séances de chimiothérapie, et un visage gonflé par la maladie, apportent la «confirmation», pour une partie de la population encore incrédule, du cancer du chef de l’Etat vénézuélien, qui garde toutefois sa bonne humeur.

Dénonçant les rapports sur une aggravation de son état de santé, Hugo Chavez apparaît en public en septembre 2011, au palais présidentiel de Miraflores.

Alors que ses supporters multiplient les cérémonies religieuses, dont des rites indigènes et afro-vénézuéliens, et prient pour sa santé, le chef de l’Etat avoue se trouver dans un «processus de rénovation spirituelle».

Un mois plus tard, il décrète avoir vaincu la maladie mais ses problèmes de santé réapparaissent six mois après, lorsqu’il annonce son retour à Cuba pour une nouvelle opération afin d’extraire une nouvelle tumeur.

Obligé de se soumettre à cinq cycles de radiothérapie, Chavez prolonge ses séjours à La Havane, et communique avec son peuple via son compte Twitter.

Durant la Semaine pascale, de retour dans son état natal de Barinas (sud-ouest), le président Chavez, très ému, bouleverse ses proches en demandant lors d’une messe plus de temps pour vivre.

«Je dis à Dieu que si je n’ai pas vécu suffisamment, s’il me fallait encore vivre cela (la maladie), bienvenue, mais donne-moi la vie […], donne-moi la vie parce qu’il me reste des choses à faire pour ce peuple», s’écrie alors un Chavez en larmes.

En juin dernier, il affirme être «libre» de la maladie, une semaine après avoir proclamé sa candidature à l’élection présidentielle qu’il remporte en octobre avec 55% des voix contre son opposant Henrique Capriles.

Mais une rechute le conduit à nouveau à Cuba pour une quatrième opération d’un cancer le 11 décembre, dont la nature et la localisation sont tenues secrètes par les autorités. Le président n’est pas apparu dans les médias publics depuis le 10 décembre.

Jeudi, le gouvernement a révélé qu’il souffrait de «complications» après une «grave infection pulmonaire».