La volonté d’en découdre, pour une fois, ne s’est pas encore manifestée dans les rues de Paris. Rideaux des commerces baissés à 18h, voitures de police en patrouille de façon ostensible, grandes artères quasi désertées par les véhicules à l’heure du journal télévisé… la capitale française a encaissé sans se rebeller l’annonce, le 29 janvier, d’un renforcement du couvre-feu. Une bonne nouvelle? «Le civisme des Français est réel, et la peur de l’amende de 135 euros est dissuasive, note Bruno Cautrès, du Centre d’études de la vie politique de Sciences Po (Cevipof). Mais creusez un peu et vous constaterez que cette crise sanitaire n’est pas perçue comme étant si exceptionnelle que ça. Beaucoup de gens y voient la continuation par d’autres moyens de la crise sociale, voire de la crise politique qui secouent le pays. Le danger, c’est cette convergence des colères.»