L’accalmie sur le front des grèves et la reprise quasi normale du trafic ferroviaire et du métro parisien présagent-elles d’une autre forme de tempête lors du débat parlementaire sur le projet de réforme des retraites, présenté au Conseil des ministres ce vendredi? L’accumulation des incidents violents accrédite en tout cas l’idée d’une «guérilla sociale» assurée de se poursuivre lorsque les députés débattront du texte, à partir de la mi-février.

A deux reprises ces derniers jours, le syndicat réformiste CFDT, principal partenaire du gouvernement en vue d’une sortie de crise négociée, a vu son siège parisien envahi par des manifestants qui se sont présentés comme des militants de la CGT, le syndicat le plus hostile à la réforme. Les dégâts ont été limités. Mais le signal est clair: une partie de la base syndicale ne laissera pas s’installer tranquillement les partenaires sociaux autour de la table, pour discuter du futur équilibre financier du régime des retraites, condition posée par le gouvernement pour abandonner sa «mesure d’âge» initialement envisagée. «C’est de l’intimidation. Point. On nie la démocratie sociale», s’énervait mardi Laurent Berger, le patron de la CFDT, sur le plateau de la chaîne Public Sénat.