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Le scrutin des élections législatives françaises du 11 juin 2017 a été marqué par une forte abstention.
© AP Photo/Claude Paris

Commentaire 

Cette France qui refuse Macron

C’est l’un des principaux enseignements du premier tour des législatives françaises: élu avec 66,1% des voix le 7 mai dernier, lors d’un scrutin marqué déjà par une forte abstention, Emmanuel Macron n’a pas encore réussi à transformer son mouvement en un grand pôle fédérateur

A nouveau, deux France se retrouvent face à face à l’issue de ce premier tour des législatives françaises. Certes, la victoire de «La République en marche» est incontestable. Propulsé premier parti de France, le rassemblement – qui a succédé à «En Marche» lancé en avril 2016 par Emmanuel Macron – est voué à devenir le principal acteur de la vie politique hexagonale.

Lire aussi: Une République en marche, mais très divisée

Le renouvellement promis va pouvoir avoir lieu. Quantité de nouveaux visages vont débarquer à l’Assemblée nationale après le second tour, dimanche prochain. L’opposition au projet incarné par Emmanuel Macron et son premier ministre Edouard Philippe sera réduite au strict minimum. La gauche, majoritaire durant le quinquennat précédent, est laminée. La droite devrait voir son nombre de députés réduit de moitié. Sans compter avec ses divisions internes entre élus prêts à travailler avec le nouveau président, et élus prêts à se rapprocher s’il le faut du Front national.

Abstention

La réalité sortie des urnes est d’abord arithmétique. Le jeune président français a de nouveau séduit ceux qui avaient voté pour lui voici un mois. Mais l’adhésion à son projet ne dépasse pas cet électorat-là, tandis que toute une partie de ses concitoyens demeurent sceptiques, et ont choisi de voter avec leurs pieds en boudant les urnes. On voit bien le danger: celui d’une opposition qui, hors du parlement, se jouera dans la rue. Le quinquennat qui démarre doit, dès lors, absolument renouer avec cette France-là.

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L’autre leçon de ces législatives est humaine. La conception traditionnelle de la politique, celle qui faisait tout partir du quartier, de la commune ou de la circonscription est révolue. Beaucoup de nouveaux venus de la République en Marche étaient des inconnus dans leur nouvelle terre d’élection. C’est un bon point pour le dynamisme démocratique, car la France a trop longtemps été figée par la mainmise des hauts fonctionnaires sur ses institutions. Mais c’est aussi un aspect inquiétant: comment fonctionneront ces nouveaux députés, dont l’ancrage local restera limité? Comment se positionneront-ils face aux élus traditionnels repliés dans leurs mairies ou dans leurs exécutifs départementaux et régionaux? La marche des nouveaux députés pro-Macron ne fait que commencer.

Débâcle du Parti socialiste

La France qui refuse Macron n’est pas encore prête à une guerre de tranchée. Si les électeurs sceptiques avaient voulu signifier leur refus, ils auraient voté pour des candidats d’opposition au président. Les deux années qui s’ouvrent après les législatives, sans échéance électorale majeure, seront dès lors déterminantes. S’y ajoute enfin un sentiment de débâcle: celui du parti socialiste, dont il ne reste presque rien. Le quinquennat Hollande aura, pour ce parti, eu le goût d’une équipée-suicide. Une équipée dont Emmanuel Macron, après avoir été l’acteur comme conseiller à l’Elysée puis ministre, aura été l’ultime exécuteur.

 

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