L’essentiel

En Suisse, une manifestation s’est déroulée ce samedi à Aarau pour réclamer la fin des mesures sanitaires.

La pandémie a fait un million de morts en Europe, 3.3 millions de morts dans le monde.

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■ USA, le nombre de morts aurait été sous-estimé

Le Covid-19, qui a officiellement fait 581 000 morts depuis début 2020 aux Etats-Unis, a sans «aucun doute» tué beaucoup plus de monde dans le pays le plus endeuillé au monde par la pandémie, a estimé dimanche le conseiller médical de la Maison Blanche Anthony Fauci.

Interrogé sur une nouvelle étude publiée cette semaine par l’Université de Washington, qui évalue à plus de 900 000 morts le bilan américain du coronavirus, le Dr Fauci n’est pas allé jusqu’à valider ces données. Les autorités sanitaires «ont dit depuis le début qu’une sous-évaluation» de la mortalité «était très probable», a-t-il dit sur la chaîne NBC. «Ce modèle évoque un bilan significatif» de 900 000 morts, «cela place la sous-évaluation à un niveau un peu plus élevé que je l’aurais pensé, mais parfois les modèles sont corrects, parfois un peu moins», a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis, avec plus de 32 millions de cas et 581 000 décès officiellement enregistrés, sont le pays avec le bilan le plus lourd en termes absolus. Il a évoqué les chiffres de la vaccination, avec 58% des adultes ayant reçu au moins une dose aux Etats-Unis et plus de 110 millions de personnes (un tiers de la population totale) entièrement vaccinées.

Le président Joe Biden a fixé comme objectif d’avoir 70% des adultes ayant reçu au moins une dose lors de la fête nationale du 4 juillet, mais la campagne de vaccination ralentit à mesure qu’il s’agit d’atteindre les plus sceptiques ou indifférents. Nous avons la tâche de rendre encore plus facile l’accès aux vaccins, de renforcer la confiance des gens», a expliqué Jeffrey Zients.


■ Début de confinement d’une semaine en Tunisie pour la fin du ramadan

Un nouveau confinement d’une semaine, englobant la fête musulmane célébrant la fin du ramadan, a commencé dimanche en Tunisie, au moment où les hôpitaux ont du mal à gérer l’augmentation des cas de coronavirus. Les autorités tunisiennes ont averti vendredi que le système de santé menaçait de «s’écrouler» en raison de l’afflux grandissant de malades dans les hôpitaux. Elles ont par conséquent instauré un confinement du 9 au 16 mai.

Il coïncide avec la fête de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de jeûne du ramadan, lorsque les musulmans se réunissent traditionnellement en famille ou entre amis, qui est attendue cette année le 13 mai. Tous les magasins étaient fermés dimanche sur l’avenue Habib Bourguiba, artère de la capitale tunisienne, tout comme dans sa Vieille ville, où se concentrent les boutiques touristiques, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le Premier ministre Hichem Mechichi a estimé vendredi que le pays traversait «la pire crise sanitaire de son histoire», soulignant que «les établissements de santé menaçaient de s’écrouler». Plus de 500 personnes sont actuellement hospitalisées en soins intensifs, un niveau inédit qui a nécessité de mettre en place des hôpitaux de campagne, et la Tunisie peine à faire face à ses besoins en oxygène. Le pays de près de 12 millions d’habitants a recensé plus de 300 000 cas de Covid-19 dont 11 350 décès.


■ Bilan de la pandémie, ce dimanche

L’épidémie se stabilise dans les grandes villes comme New Delhi et Bombay qui ont reçu des approvisionnements supplémentaires en oxygène mais flambe dans le Sud rural, poussant les autorités à ordonner des confinements locaux. Plus contagieux et semblant résister aux vaccins, ce variant contribue à la flambée galopante de l’épidémie en Inde, selon la scientifique en chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Soumya Swaminathan.

En France, une vingtaine de médecins et chercheurs dénoncent dans une tribune un déconfinement plus «politique» que «sanitaire», mettant en garde contre les risques de lever certaines restrictions alors que le pays enregistre encore un nombre quotidien élevé de cas et d’hospitalisations. «Nous assistons à l’officialisation du passage d’une gestion active à une gestion passive de l’épidémie», déplorent-ils, appelant «à la mise en place d’un nouveau protocole national, qui fixe des seuils précis, déclenchant des mesures automatiques, décidées et débattues à l’avance».

Un vent de liberté s’est levé dimanche en Espagne, où les habitants sont désormais autorisés à sortir de leur région. Dans la plupart des régions, la fin de ce régime d’exception, a signifié également la levée du couvre-feu comme à Barcelone (nord-est) où cris, applaudissements et musique ont marqué cette liberté retrouvée.

Les plus de 7 millions de personnes vaccinées en Allemagne bénéficient à compter de dimanche d’assouplissements des strictes règles sanitaires, avec par exemple la possibilité d’aller chez le coiffeur sans fournir de test négatif ou de se réunir à plusieurs.

Le Premier ministre de la Belgique Alexander De Croo estime «possible» d’organiser à nouveau «quelques grands festivals» dans «la seconde moitié de l’été», comme le rendez-vous de musique électronique Tomorrowland, a indiqué dimanche son cabinet.

En Roumanie, des centaines de personnes se sont pressées ce week-end devant le «château de Dracula», le château de Bran (centre de la Roumanie), pour s’y faire vacciner contre le Covid-19. Toutes les personnes vaccinées sur place ont reçu un diplôme attestant de leurs «témérité et responsabilité», ainsi que la promesse d’être accueillies au château «pendant les 100 prochaines années».

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 3 284 783 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles. Après les États-Unis (581 516 décès), les pays les plus touchés sont le Brésil (421 316 morts), l’Inde (242 362 morts), le Mexique (218 928 morts) et le Royaume-Uni (127 603 morts).


■ L’Allemagne assouplit les restrictions pour les personnes vaccinées

Aller chez le coiffeur sans fournir de test négatif, se réunir à plusieurs: les plus de 7 millions de personnes vaccinées en Allemagne bénéficient à compter de dimanche d’assouplissements des strictes règles sanitaires.

Ces nouvelles mesures, qui entrent en vigueur après une adoption express par le parlement, concernent également les personnes considérées comme guéries après avoir été infectées par le virus. Au total, plus de sept millions de personnes ayant déjà reçu les deux doses de vaccin anticopie bénéficient de ces assouplissements.

Elles n’ont plus non plus à respecter le couvre-feu nocturne à partir de 22h (20h00 GMT) instauré le mois dernier face à une troisième vague particulièrement meurtrière et peuvent se réunir à plusieurs et sans restrictions en privé. A la différence d’autres pays européens, l’Allemagne n’a toutefois pas encore établi de plan de réouverture des restaurants et bars, même en terrasse. Le secteur culturel reste lui aussi à l’arrêt depuis novembre.

■ Le variant indien semble résister aux vaccins, estime l’OMS

Dans un entretien avec l’AFP, la scientifique en chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Soumya Swaminathan, une pédiatre indienne et chercheuse, a déclaré que le variant B.1.617, qui a été détecté pour la première fois en Inde en octobre, était indiscutablement un facteur d’accélération de l’épidémie, devenue hors contrôle en Inde.

Ce variant pourrait être classé par l’OMS dans la liste des variants considérés comme plus dangereux que la version originelle du virus. Il «présente des mutations qui augmentent les transmissions et qui peuvent aussi potentiellement le rendre résistant aux anticorps qui se sont développés grâce à la vaccination ou à une contamination naturelle», a-t-elle expliqué.

L’ampleur de l’épidémie en Inde augmente le risque d’apparition de nouveaux variants encore plus dangereux, a ajouté la scientifique: «Plus le virus se réplique, se diffuse et se transmet, plus le risque de mutations et d’adaptation augmente. Les variants qui accumulent un grand nombre de mutations peuvent finalement devenir résistants aux vaccins dont nous disposons actuellement. Ce sera un problème pour le monde entier».


■ Les chances d’assouplir les mesures sanitaires en Suisse augmentent, déclare la Task Force

Les chances de voir les mesures de protection contre le coronavirus s’assouplir en Suisse sont de plus en plus grandes, déclare le chef de la task force Covid-19 de la Confédération suisse, Martin Ackermann, dans un entretien diffusé ce dimanche par la NZZ am Sonntag. Le risque d’une nouvelle hausse des cas existe cependant toujours, avertit-il: «si une réouverture trop rapide et trop grande est décidée, des personnes qui n’ont pas encore pu être vaccinées pourraient être mises en danger inutilement».

Le professeur de microbiologie à l’EPFZ estime qu’il est encore trop tôt pour autoriser le service en salle dans les restaurants, notamment en raison du fait que les contacts rapprochés sans masque à l’intérieur des bâtiments représentent un plus grand risque d’infection. Il se dit toutefois «positivement surpris» par la situation sanitaire actuelle, qui s’améliore, alors que la task force scientifique craignait une aggravation des contaminations avec les ouvertures d’avril. Il avance que le groupe de travail a mal évalué trois points: le temps chaud, le taux de transmission du variant anglais et le comportement humain.