Macédoine

Changement de nom de la Macédoine : le «oui» l'emporte

Plus de 90% des citoyens ont dit «oui» à ce référendum non contraignant mais moins de la moitié d'entre eux ont voté. Le Premier ministre a promis de poursuivre la ratification de l'accord sur le changement de nom

Sans faire d'allusion à la faible participation, le chef du gouvernement social-démocrate Zoran Zaev s'est félicité que l'accord ait été plébiscité par ceux s'étant rendus aux urnes, et a promis de le soumettre au Parlement qui s'était engagé lui à en respecter le résultat.

Les électeurs étaient appelés à répondre à la question: «Êtes-vous pour l'adhésion à l'Union européenne et à l'Otan, en acceptant l'accord avec la Grèce ?». En juin, l'Ancienne république yougoslave de Macédoine (FYROM) a conclu un accord avec la Grèce: si elle accepte, d'être rebaptisée République de Macédoine du Nord, Athènes cessera de faire barrage à l'adhésion du petit pays à ces deux organisations. Les mots de «Macédoine du Nord» ne sont en revanche même pas apparus dans la question du référendum.

Lire aussi: Signature de l’accord historique pour l’appellation de «Macédoine du Nord»

Selon des résultats quasiment définitifs, 91,39% des Macédoniens qui ont pris part au référendum ont approuvé l'accord avec la Grèce visant à rebaptiser «République de Macédoine du Nord» leur petit Etat des Balkans. Mais plus que les 5,71% de non, c'est la faiblesse de la participation qui fragilise le premier ministre Zoran Zaev.

Selon la commission électorale, la participation n'a été que de 36,11%. «Lors de ce référendum, il est clair que la décision n'a pas été prise», a déjà lancé dans la soirée son président Oliver Derkoski. Certains parlementaires pourraient donc considérer qu'ils n'ont pas à se conformer, comme promis, au résultat du scrutin de dimanche.

Un résultat salué à l'international

La prochaine bataille politique qui se jouera devant le Parlement s'annonce incertaine pour le Premier ministre qui doit obtenir la majorité des deux tiers des élus. Or Zoran Zaev et ses alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25% des 2,1 millions d'habitants de ce pays majoritairement slave) ne disposent pas d'une telle majorité et doivent donc compter sur le ralliement d'une dizaine de députés de l'opposition de droite (VMRO-DPMNE).

Lors d'un appel téléphonique, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a salué «la détermination» de son homologue à «poursuivre la mise en oeuvre» de l'accord entre leurs pays ; l'Otan a appelé «tous les dirigeants politiques et les partis à saisir cette occasion historique»; et l'Union européenne a exhorté l'ensemble des parties à «respecter» les résultats.

Pour l'opposition, cette forte abstention montre que les Macédoniens sont hostiles au changement de nom. «L'accord avec la Grèce n'a manifestement pas reçu le feu vert de la population», s'est ainsi félicité Hristiajn Mickoski, chef de file du parti nationaliste VMRO-DPMNE, principale composante de l'opposition.

Une dissonance est aussi apparue au sein du gouvernement grec, avec une prise de distance du ministre de la Défense Panos Kammenos : l'allié souverainiste paradoxal d'Alexis Tsipras a en effet estimé dans un tweet que la faible participation rendait le référendum «nul».

Publicité