Des immeubles effondrés, des habitants paniqués, blessés dans les rues et peut-être des morts par centaines: Port-au-Prince, dont le centre a été «détruit», selon un témoin, était plongé dans le chaos ce matin .

Ils sont des milliers d’habitants à errer, parfois en pleurs, dans les rues dévastées de la ville, découvrant à chaque coin de rue de nouvelles images de la désolation. «Le centre de Port-au-Prince est détruit, c’est une véritable catastrophe», lâche Pierre, couvert de poussière. Il a marché plusieurs kilomètres pour tenter de regagner sa maison.

Un médecin couvert de sang, blessé au bras gauche, explique que «les morts seront comptés par centaines lorsqu’il sera possible de dresser un bilan».

Plusieurs chaînes de télévision d’Amérique du Sud ont déjà diffusé des images de cadavres ensevelis dans les décombres. Certains bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes. D’autres sont encore debout mais de larges fissures témoignent du choc de la secousse.

L’Onu sérieusement touchée

Le palais présidentiel a été sérieusement endommagé ainsi que des ministères aux alentours, alors que des hôpitaux, des hôtels et des écoles se sont écroulés. Le président René Préval serait indemne.

Le quartier général de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (Minustah) s’est effondré en grande partie. Il y a de nombreuses personnes sous les décombres, des morts et des blessés», affirme un employé local de l’organisation.

Peu de temps après la secousse, la nuit tombée sur la capitale haïtienne plonge ses rues dévastées dans un noir complet qui ne fait qu’amplifier davantage la panique qui s’est emparée de la population.

Des véhicules de la police haïtienne, des Nations unies ou de la Croix Rouge tentent de transporter des blessés mais les maisons détruites bloquent la circulation. Autre difficulté pour les secours: les moyens de communication téléphoniques ont été sérieusement affectés et l’électricité coupée dans toute la ville. La plupart des stations de radio et de télévision de la capitale ne fonctionnent plus et quelques rares radios émettent des appels d’urgence.

Plusieurs établissement universitaires ont été endommagés par le choc et des étudiants étaient bloqués sous les débris. «Nous avons pu dégager quelques personnes des décombres, il y a de nombreux blessés», a déclaré le responsable d’une institution privée sur la radio Signal FM à Pétion-ville, à l’est de Port-au-Prince.

Au lycée français d’Haïti, de nombreux écoliers sont bloqués à l’intérieur, souvent sans nouvelles de leurs parents. «Il n’y a pas de victimes, beaucoup de gens du voisinage sont venus s’abriter au lycée», assure un enseignant.

De nombreuses photos diffusées sur le site de micro-blogs Twitter montrent également des situations cauchemardesques.

Sur l’une d’elles, une petite fille couverte de poussière tente de s’extraire d’un monceau de débris. Une autre montre les cadavres de deux femmes recouverts de terre, gisant à l’arrière d’une camionnette. Les photos témoignent également des efforts entrepris par la population pour faire face au drame, commencer à déblayer les rues et secourir les victimes.

Des pillards étaient à l’oeuvre dans la nuit de mardi à mercredi dans un supermarché au nord de Port-au-Prince alors que de nombreux cadavres jonchaient les abords des routes après le séisme qui a fra ppé Haïti, a constaté un journaliste de l’AFP.