Qu’adviendra-t-il lorsque leurs avocats prendront la parole pour les défendre? Quand ils expliqueront que les 11 hommes présents, depuis le 2 septembre, dans le box des accusés, n’ont fait «que» fournir des armes, trafiqué des stupéfiants ou «collaboré» en détention avec les trois tueurs fanatiques dont le procès dissèque l’effroyable itinéraire?

Mercredi 16 septembre, dans l’une des salles de retransmission ouvertes aux journalistes, au rez-de-chaussée du très moderne Tribunal de Paris. Pour la première fois, les noms de Chérif et Saïd Kouachi, les deux auteurs du massacre de Charlie Hebdo survenu le 7 janvier 2015 «en quelques minutes d’horreur absolue», ne sont pas évoqués par les cinq magistrats qui composent cette cour d’assises spéciale appelée à siéger jusqu’au 10 novembre, protégée par l’impressionnant dispositif policier en place depuis le premier jour.